Le Blog d'Aurélien Colin



Sep
06
2010
UTMB : un CR plus long que la course...
Plus d'une semaine s'est écoulée... Je pense que c'est le délai minimum qu'il me fallait pour revenir avec les idées claires et le ventre un peu moins noué. Malgré tout, même en me penchant sur ce CR, les émotions remontent.
Si vous lisez régulièrement ce blog (pas trop souvent j'espère sinon vous avez dû vous rendre compte de mon manque de régularité dans les articles !), vous êtes certainement au courant des événements qui se sont produits à Chamonix le dernier week-end d'août.

Après une préparation estivale un peu brouillon, moyennement régulière, mais montrant malgré tout de bonnes aptitudes à encaisser le volume d'entraînement et les sorties avec du dénivelé, j'ai abordé la dernière quinzaine avant la course avec beaucoup de sérénité. En effet, tout était prêt, mes affaires, mon sac de course trafiqué, ma stratégie d'alimentation, ma tenue de course en fonction de la météo. Je n'avais plus qu'à faire du jus, quelques footing, bien me reposer pour finaliser cette période d'affûtage. Tout s'est donc très bien passé. Je suis arrivé détendu à Chamonix, aucune pression, confiant en mes capacités et mon mental, prêt à affronter une météo que l'on attendait difficile.
Cette année encore, la famille Roussat nous a accueilli à bras ouverts et nous logions dans le même chalet que l'an passé avec mon frère, Stéphane et Aldo. De quoi se préparer tranquillement les deux jours avant la course et ne pas perdre de l'influx en allant faire les boutiques à Cham.
Jeudi soir, footing léger avec Maxou, je sens que j'ai les jambes. Je fais profiter à mon frère de mon expérience en lui décrivant le parcours, ce qui me permet de me mettre peu à peu dans la course et à me préparer à affronter les éléments et la gravité.
Vendredi matin 8h, nous recevons un SMS de l'organisation "Attention, pluie, froid et vent en prévision, prévoyez le matériel en conséquence". Pour une fois que je n'avais pas souhaité qu'il pleuve... Mais ça ne me dérange pas, j'adore ça. Ca va être une course de guerriers. L'UTMB, c'est déjà pas de la tarte mais si les éléments s'en mêlent, peu seront les arrivants.
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On se présente à Chamonix vers 16h30, on y retrouve nos assistances de choc, le père pour Maxou et la mère et Stéphane pour moi. Petit briefing d'avant course et mise en grille vers 17h10. On se faufile et retrouvont Daniel Grataloup, Benoît Thiery et Mathias, un Suisse avec qui j'avais fini la Montagn'Hard. Quelques gouttes se mettent à tomber durant notre attente du départ, mais rien de méchant. Il règne une ambiance étrange sur cette ligne de départ. Pour m'être déjà aligné 4 fois sur cette course, je trouve que quelque chose a changé, j'ai l'impression que l'UTMB a perdu un morceau de son âme. Ca en deviendrait presque bling bling... Pas de briefing d'avant course non plus... 18h30, la meute est lâchée, ça bouchonne dans les rues de Chamonix. Sur les 3 premiers kilomètres, je sens vraiment les coureurs tendus, ça "flingue" de partout (comprenez que ça accélère fort). "Eh les gars, y'a 170 bornes à faire!" Je me mets dans mon allure. Daniel est nerveux, je le vois juste devant moi. Mon frère me suis à quelques mètres, un peu vite peut-être. Arrêt technique, je perds 1 minute. Je redouble le frangin puis Daniel qui, comme à son habitude, est calé dérrière une féminine :-D. Ah oui, j'ai oublié de préciser qu'après 10' de course, le déluge s'est abattu sur nous. Trempé jusqu'aux os en moins de 5'.

UTMB3_2010

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Je passe aux Houches dans les 100 premiers, peut-être même les 80. Evidemment, je ne m'arrête pas au ravito. A part pour l'animation du village, je ne comprends toujours pas pourquoi il est là ! 8km déjà écoulés, un peu moins de 50'. Le col de Voza arrive, avec lui les premières vraies pentes. Je ne m'obstine pas à courir. Mains dans le dos, je marche à bon pas et revient rapidement sur des coureurs qui cherchent systèmatiquement à relancer sur des portions courtes et qui, finalement, se fatiguent. Il pleut de plus en plus. Ma montée est régulière, je suis aux côtés de Renaud Rouanet et Thomas Saint Girons. Evidemment, ça met des idées en tête : "Qu'est ce que je fais là ? Ne suis je pas parti trop vite ?..." J'essaye de faire le vide dans ma tête afin de ne pas me laisser perturber par mon ego ni mon mental.
Au sommet, à la Charme, il ne fait pas bien chaud, je suis complétement trempé et ce vent m'incite à ne pas traîner. La descente est, comme d'habitude, moyennement appréciable, une piste rouge à dévaler de face, puis des chemins larges où une foulée souple s'impose (pas mon point fort). Quelques gars me reprennent, je me tors légérement la cheville droite, histoire de me remettre les idées en place. On approche de Saint Gervais, pas de panique. C'est bondé de monde, tous les enfants et même des adultes tendent leur main pour qu'on tape dedans au passage. J'aperçois furtivement ma soeur dans le virage, prends un verre d'eau pétillante au vol et repars de plus belle. J'avais prévu un arrêt d'une minute, je crois que ça aura duré 5 secondes. J'ai déjà gagné 55" sur mon plan de marche ! Stéphane me propose du change un peu plus loin, je lui dis de me les préparer pour les Contamines avant le Col du Bonhomme.
UTMB_2010

La partie Saint Gervais - Contamines, longue de 10km, n'est pas vraiment ma tasse de thé, tous les ans je subis un gros coup de fatigue. C'est le début de la nuit, cette vallée est fraîche, il faut courir réguliérement et c'est à ce moment que l'on se rend compte si l'on est parti trop vite ou non. Cette année, je me surprends à tenir une cadence soutenue. Je cours quasiment partout et enfile les kilomètres sans problèmes. Je suis avec Mathias. A la faveur d'une portion roulante, je me détache légérement. Durant 10' je retrouve ces moments désagréables de lassitude et de légère somnolence mais en travaillant sur moi, je reprends le dessus et poursuis mon chemin bien éveillé. Le seul hic c'est un ventre qui "travaille" beaucoup, un coup de froid au sommet du col précédent en serait certainement la cause. Rien d'alarmant malgré tout, un arrêt technique tout au plus. Ca y est, on rejoint le sentier en bordure de rivière qui débouche sur les Contamines. Il y a beaucoup moins de monde que les années précédentes car le sentier n'arrive plus directement en ville mais en bas du village. Je relance sur cette portion bitumée, on m'annonce dans les 60 premiers. Je vois Stéph venir à ma rencontre, il me dit que la course est neutralisée. Au début, je n'y crois pas trop. Je continue donc à avancer tout en commençant à me changer pour aborder la suite du parcours au sec. Mon père me dit que pour l'instant, la direction de course ne sait pas quelle sera la suite des choses donc il faut rester dans la course. Je pointe au ravito, on m'indique clairement que c'est neutralisé. 5' plus tard, la nouvelle tombe, l'UTMB 2010 est arrêté. Des coulées de boue dans le col de la Seigne, beaucoup de vent et de neige au sommet du Bonhomme, du balisage disparu ne permettaient pas aux organisateurs d'assurer la sécurité de 2300 coureurs à 2500 mètres d'altitude. Sage décision, mais quel coup de massue. Je suis avec tous les favoris de la course et vois arriver au fur et à mesure des têtes connues. P*****, pour une fois que ces 30 premiers kilomètres se passaient super bien (à un ou deux détails près) et que je sentais que j'avais les jambes et le mental pour claquer la perf que je cherche depuis quelques années, il a fallu que les conditions s'en mêlent... On se change, on se maintient au chaud. Des bus de rapatriement sont prévus pour les coureurs et accompagnants. De retour à Chamonix, on apprend que la course est effectivement finie, que les coureurs rendent leurs dossards et récupérent leurs sacs de change. Bon, ben ça fait bien c***** mais c'est comme ça. On a un peu l'impression que l'on nous supprime les cadeaux à Noël (désolé je n'ai pas trouvé mieux pour illustrer la situation) et que l'on a aucune explication sur cette situation. Du coup, les rumeurs vont bon train. Heureusement, nous avions un logement pour passer la nuit, mais de nombreux coureurs ont dû se retrouver dans une situation délicate.
A 2h30, je reçois un texto indiquant qu'une course de repli pour l'UTMB et la TDS est organisée au départ de Courmayeur à 10h sur le parcours de la CCC. Toutes mes affaires sont déjà rangées, mais je me dis "Allez fais un effort". Je mets le réveil, mais un autre SMS me tire du sommeil juste avant 6h30 "Course limitée à 1000 coureurs". Sachant que 1800 coureurs n'ont pas pu prendre le départ de la TDS et que nous étions 2300 sur l'UTMB, je me dis qu'il y a une chance sur 4 pour que je puisse prendre le départ. En plus, j'avoue ne plus avoir envie.
Je m'étais conditionné pour faire 166km, en passant la nuit dehors. Arrêté en plein élan, je n'ai pas trouvé la motivation pour aller faire 88km alors que j'avais déjà assimilé le fait que l'UTMB était fini pour cette année. De plus, je me suis dit que j'avais de fortes chances pour passer une partie de la nuit dehors vu le temps qu'avaient mis les premiers de la CCC. Je crois que c'est ce qui a joué dans la balance pour que je ne me présente pas à la loterie du départ.
Ce samedi matin me procure une étrange sensation de "gueule de bois". Quelque chose m'est tombé sur la tête, j'ai du mal à comprendre pourquoi et comment, mais ça fait mal. De plus, quelques événements sur l'aire d'arrivée au moment de rendre la puce termineront de noircir le tableau de cette course qui n'est vraiment plus ce qu'elle était, celle qui m'avait provoqué tellement d'émotions, ainsi qu'à mon entourage en 2006.
Je ne vais pas épiloguer sur la décision de l'organisation, mais en tout état de cause, ça a merdé, et le mot est faible. Lorsque l'on organise une course de 5500 coureurs, drainant autant de monde et aussi médiatisée, on n'a pas le droit à l'erreur.
Les prévisions météo étaient claires et fiables sur la situation à laquelle nous allions devoir faire face. Je ne comprends toujours pas pourquoi un parcours de repli passant à des altitudes moins élevées n'avait pas été envisagé. Le départ n'aurait, selon moi, pas dû être donné afin de le reporter au lendemain. Il faut savoir que les coureurs étaient à peine partis que les organisateurs commençaient déjà à évoquer d'arrêter la course...

Je crois que c'est la dernière fois que j'allais à Chamonix fin août en tant que coureur. Dommage car j'adorais ce rendez-vous annuel dans la capitale de l'alpinisme. On commençait à y avoir nos marques.
Il y a tellement d'autres courses magnifiques à courir, d'autres décors à découvrir et tant de moments tout aussi intenses à vivre et à faire vivre à nos proches.
Je me tourne donc désormais vers d'autres horizons.

Dommage de se retrouver à cette époque en pleine forme mais sans objectif en vue. Je cherche mais ne trouve pas de course selon mes disponibilités. J'ai la voiture sportive, mais sans le permis et sans le circuit qui me permette de l'utiliser...

A bonne entendeur ! Trottez bien...
 
Jul
28
2010
6000D : sur la bonne voie...
En attendant le texte, voici les photos !

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Bon, un peu de texte quand même. Je finis 10ème en 5h23, pour 65km annoncés et 3200m D+ vérifié.
Le frangin claque également sa perf en terminant 50ème... Pas trop mal pour un mec qui ne s'entraîne pas, ou peu.

Le dénivelé accumulé en Andorre semble payer. Je pense également que je gère désormais bien la période de repos actif avant les courses. Et surtout, lorsqu'il y autant de bonne humeur et de "cool attitude" dans un tel WE, on ne peut que se faire plaisir en courant.

Plus qu'un mois avant la grosse échéance... Stay tuned !
 
Jul
28
2010
Escapades pyrénéennes entre traileurs vosgiens
Isolé au fin fond de l'Andorre et loin de mes Vosges natales, je trouve malgré tout le moyen de voir un peu de monde. C'est ainsi qu'en visitant le blog de Julien François, j'ai découvert qu'il passait ses vacances entre Perpignan et Font Romeu. Certes, ça n'est pas exactement à côté de chez moi, mais tout ce qui est à moins de 2h de route me semble tout proche désormais.
Après contact avec l'intéressé, nous avons donc programmé deux sorties rando-trail dans les Pyrénées Orientales.

La première sortie s'est faite dimanche 11 juillet pour un sommet incontournable, le Canigou. Je rejoins Julien à Villefranche de Conflens, où il réside, vers 7h30 et partons au dessus de Vernet les Bains. La journée s'annonce chaude.
Julien a l'habitude de faire ses sorties en mode rando-trail, ce qui me convient parfaitement vu ma forme du moment.
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La montée qui devait se faire sur un singletrack intégralement sera légèrement modifiée suite à une erreur d'inattention de notre part. Ce qui nous fait emprunter la piste 4X4 sur quelques kilomètres.
Nous rejoignons le refuge des Cortalets où la montée technique et raide commence enfin. Beaucoup de monde sur ce sentier étant donné qu'ils ont économisé 1500m D+ en montant en 4X4 !

Canigou-3

Le sommet du Pic du Canigou vaut le détour, mais que de monde là haut !! Nous fuyons ce sommet et empruntons la fameuse cheminée en descente et emprunter des crêtes et singletrack moins fréquentés.

Canigou-4

Quasiment 2h30 de descente plus tard, nous voilà de retour à la voiture, la chaleur est étouffante. Cette sortie a été vraiment super sympa, à un rythme agréable et dans des paysages dont on a peu l'habitude. Surtout, il a fallu faire 1100km pour que Julien et moi trouvions l'occasion de courir ensemble !!
Un bon repas dominical mettra un terme à cette belle journée, marquée par cette sortie de  5h30, 31km et 2100m D+.

Le deuxième opus des "Escapades Pyrénéennes des traileurs vosgiens" aura pour théâtre la chaîne de sommets surplombant Planès, petite bourgade proche de Font Romeu, située à 1500m d'altitude.
Après avoir dormi chez la famille François, nous partons de bonne heure pour une sortie rando-course du même acabit que la précédente. Nous empruntons un GR pour rejoindre la station du Cambra d'Aze, puis belle grimpette "dré dans l'pentu" pour rejoindre les crêtes sommitales. Cette montée se fait bien en rythme avec les bâtons. Julien dira que je le mets dans le rouge, mais lui prend sa revanche dans les descentes donc 1-1 (lire 1 partout) !

Pic_Noufons1

Passage par le Torre d'Eina, le Pic du même nom, jusqu'au Pic de Noufonts. Tout ça par des singletracks techniques et engagés aux environs de 2800 mètres, dans un univers minéral exceptionnel. J'apprendrai par la suite qu'une course de sky running s'est déroulé sur ces chemins le lendemain !

PicNoufons2

S'en suit une longue et belle descente à travers pierres et alpages (pyrénéages ??). Il faudra tout de même remonter durant 30 à 45' en pente douce pour enfin apercevoir notre point de chute.
Météo magnifique, bonnes sensations, super ambiance, un peu dans le dur sur la fin quand même : 2000m D+ pour 4h45. Les choses se présentent un peu mieux pour la 6000D dans une semaine.

Je quitte Julien en ce samedi 17 juillet et m'en retourne dans mon Andorre adoptive. La journée de dimanche sera marquée par une belle randonnée sportive avec un collègue à travers crêtes et pierriers autour du plus haut sommet Andorran, le Coma Pedrosa à 2940m d'altitude.
 
Jul
09
2010
A coeur vaillant rien d'impossible
Depuis un certain temps, j'avais envie de partager avec vous mon ressenti à propos de l'entraînement, de ce qu'il faudrait faire pour s'améliorer et de ce que notre corps (en tous cas, mon corps) nous conseille à faire. Avec un peu d'expérience, on se rend vite compte qu'il n'y a pas un modèle unique pour s'entraîner et progresser, mais de toute évidence deux principes fondamentaux à ne jamais oublier : garder du plaisir à courir ou à aller courir (ce que Matthieu appelle le Will to Go, et je suis tout à fait d'accord avec lui) et surtout le fait que notre corps a toujours raison. La grande question c'est donc de savoir ce que nous dit notre corps et comment l'écouter... A mon sens, il n'y a pas plusieurs réponses, l'homme est doué de ce que certains appellent le "Sixième Sens", c'est-à-dire l'intuition. Fiez vous toujours à votre intuition, elle saura vous prodiguer les bons conseils pour faire telle ou telle activité, telle ou telle charge de travail, tel ou tel parcours. Un proverbe dit que "le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas", moi je vous garantit que "le corps a ses raisons que la raison a parfois du mal d'accepter". C'est moins poétique, mais l'idée est bien là.
Revenons-en au titre de cet article, pourquoi l'intituler "à coeur vaillant rien d'impossible" ? Tout d'abord parce que c'est une maxime que j'ai fait mienne depuis un certain temps et qui m'aide au quotidien à dépasser des petites épreuves. Je suis quelqu'un qui marche spontanément au défi et, en ce sens, j'ai à coeur de relever de nombreux challenges, c'est certainement mes jeunes années passées à écumer les compétitions de VTT et l'éducation que j'ai reçue qui m'ont donné ce trait de caractère. Mais ce titre n'aurait que peu de sens si je ne l'illustrais pas d'un exemple concret et que je ne le liais pas à mon premier paragraphe.
Alors voilà, ça fait bientôt un mois que je suis en Andorre, petit principauté nichée dans la chaîne des Pyrénées entre la France et l'Espagne. Un pays constitué de vallées encaissées et dominées par des montagnes plutôt abruptes et sauvages. Un formidable terrain de jeu me direz-vous. Certes, mais un terrain de jeu qu'il faut savoir appréhender avec respect et humilité. Bourru comme un Vosgien et prétentieux tel un jeune coq, je suis arrivé ici en me disant "parfait, avec ça, je vais m'entraîner comme une bête et je vais progresser comme jamais". Après une période un peu creuse en entraînement avec un début de période professionnelle chargée, je me suis décidé à planifier mes séances d'entraînement en vue de la 6000D. Un programme bâti sur 4 semaines avec 2 semaines costaud (footing long, VMA en côte, endurance en VTT, VMA longue, repos, seuil, sortie longue), une semaine sur le même modèle mais plus light en termes d'intensités et une semaine d'affûtage.
Après Numérobis outre-Rhin, Aurél dans la capitale des Gaules, un Traileur au plat pays, voici donc les aventures de Tonton Schlitteur en Andorre ! Déjà, après quelques sorties en endurance pour découvrir le coin, je trouvais que ça grimpait raide de chez raide, de quoi vous remballer un gars qui fait le malin avec ses 34' dans le sentier des Schlitteurs, mais lorsque j'ai voulu appliquer à la montagne ce que j'avais l'habitude de faire à plat ou en terrain vallonné dans les Vosges, j'ai comme qui dirait "pris un pét' au casque"... Une séance de fractionné qui fait mal, ça arrive ; deux séances difficiles, on se dit qu'on est pas trop en forme mais rien d'alarmant ;  à trois, on commence à se poser des questions... Quand on arrive à la quatrième et que les lois de l'attraction nous oblige à déposer les armes à mi-parcours, il faut se rendre à l'évidence, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Deux solutions :
- soit je me suis vu trop beau et me suis concocté un programme trop difficile au vu de ma forme actuelle
- soit le topographie Andorrane, et montagnarde peut-être de façon plus générale, nécessite d'appréhender son entraînement d'une façon différente.
Dans tous les cas, je ne peux pas continuer dans cette dynamique, au risque de perdre le Will to Go. Il faut donc revenir au point 0 et se poser les bonnes questions. Pourquoi je fais ça ? Est-ce que ça m'est profitable ?
Sans entrer dans le débat du "pourquoi je cours", je ne dois pas perdre de vue que mon objectif de la saison est l'UTMB qui est une course d'ultra. Est-ce que le fait de "se faire mal à l'entraînement" m'est profitable ? Oui, dans une certaine mesure, mais certainement pas au-delà d'une limite raisonnable.
Je privilégie donc la deuxième réponse pour expliquer mon manque de forme du moment. Effectivement, ici, rares sont les portions planes. Il n'y en a pour ainsi dire aucunes ! Dès que je sors de chez moi, ça monte ou ça descend, donc l'échauffement est vite vu. Ensuite, la nature du terrain est difficile, c'est hyper technique. Il n'y a qu'à se référer aux réactions de tous ceux qui ont bouclé l'Andorra Ultra Trail. Jornet, Chorier et Darmaillacq pour ne citer qu'eux n'ont, de leur aveu, jamais couru une course aussi difficile et technique. A comparer avec la Montagn'Hard peut être.

DSCN0981-1

Bon, mon argumentation commence à traîner en longueur, revenons-en donc au fait. Pour l'UTMB, pas besoin d'avoir une VMA de marathonien, tout le monde est d'accord là-dessus, sinon Marco n'aurait jamais réussi à rentrer dans le top 100. Pas besoin non plus de courir tout au long du parcours. Vincent Delebarre démontrait récemment sur le site web de l'UTMB que l'ultra trail doit être davantage assimilé à de la rando qu'à de la course, donc coupons la poire en deux, c'est de la rando-course. Troisième chose importante, cette course demande de l'expérience, càd bien se connaître. Avec quelques grandes courses à mon actif, UTMB-PTL-Montagn'Hard-Templiers-etc. je pense que je saurai gérer, avec suffisamment de calme, les aléas d'une telle course.
Quid de la 6000D, à mi chemin entre cet instant T et fin août ? Pour une fois, j'ai envie de dire, on verra bien... Mon programme d'entraînement va donc désormais ressembler davantage à ce qui m'avait permis d'arriver en forme pour la PTL l'an passé, des sorties longues en rando-course, des sorties trail courtes mais tout en courant et finalement des intensités sous forme de fartleck naturel. Laissons le corps s'exprimer, s'il a envie d'aller courir, s'il a envie de marcher, s'il a envie de grimper cette montagne à bloc. Le plaisir doit être mon moteur et non plus ma raison qui me rappellerait à des modèles d'entraînements bien trop scientifiques.
L'instant juste ne s'applique pas lorsque nous ne sommes pas dans la bonne dynamique. Il faut surtout garder l'envie d'avoir envie ! Je sais c'est du Johnny mais c'est la musique qui m'a trotté dans la tête l'an passé durant le trail de la vallée des lacs et ça m'a plutôt bien réussi. Alors, à coeur vaillant rien d'impossible ? réponse d'ici peu de temps...

A bonne entendeur, trottez bien.
 
Jul
09
2010
Trail Vert de Font Romeu
Depuis mon arrivée en Andorre (eh oui, j'habite là-bas maintenant) et ma prise de fonction dans cette nouvelle entreprise, on peut dire que les journées sont bien chargées. Entre les réunions, les formalités administratives, les recherches d'appart et tout le reste, je n'ai pas trouvé 30' dans la semaine pour aller courir... Suite à mon WE choc, j'ai effectué un footing tranquille de 30' à Saint Dié avant mon départ et, voilà à quoi s'est résumée ma semaine d'entraînement ! Je me suis donc motivé à bouger durant le WE et à rejoindre Font Romeu où avait lieu un trail de 55km et 2900m D+. Etant donné que ma présence au départ de la Traversée Verbier Saint Bernard le 3 juillet prochain s'annonce compromise pour cause d'emploi du temps, je me suis dit que, tant qu'à faire, autant profiter des courses du coin.
Arrivé le samedi sur place, je visite cette station de ski Pyrénéenne connue pour son pôle d'excellence et de préparation pour les sportifs de haut niveau, station où je suis déjà venu à deux reprises pour des Coupes de France de VTT. Ca me rappelle de bons souvenirs, j'adorais ce parcours à l'époque, technique, physique, avec beaucoup de montées. En allant faire un footing de décrassage dans l'après midi, je me prends d'ailleurs à revivre ces sensations en parcourant une partie de la boucle de l'époque. C'était bon le VTT quand même, c'est sûrement pour retrouver ces sensations que je me suis de nouveau investi dans ce sport cette année, et c'est certainement pour cette raison que mon nouveau job touche à ce sport.
Côté météo, ça ne s'annonce pas terrible, l'organisation est prudente lors du briefing en annonçant d'éventuelles modifications de parcours si la sécurité ne peut être assurée sur les points délicats du parcours (passages dans de longues parties enneigées entre 2700 et 2900m). Après une nuit bien frisquette dans ma tente pour un mois de juin, j'ai de suite la confirmation qu'on ne va pas avoir chaud. La tente est recouverte de gel et de grosses bourrasques ont soufflé une bonne partie de la nuit.
Le départ est prévu à 7h30 et, dès mon arrivée, j'apprends que le parcours est raccourci d'une dizaine de kilomètres afin d'éviter les passages en altitude. Quelques minutes plus tard, on apprend que les commissaires présents sur le parcours s'enfoncent dans la neige et qu'il est impossible de conserver la grande boucle. Départ décalé d'une heure et raccourci à nouveau d'une bonne dizaine de kilomètres... J'aurais mieux fait d'aller faire un semi-marathon !! Qu'importe, je suis là pour courir et faire un peu de volume. Quelques bons coureurs sont présents, dont David Laget et Christophe Erceau. Au départ, il fait 0°C, il neige et beaucoup de vent, ça va être bien... :-D
Départ tranquille, je me retrouve en tête sans le vouloir, ni accélérer. Les 6-7 premiers kilomètres se font sur le parcours de la coupe de France de VTT donc je gère mon effort, les jambes ne sont vraiment pas terribles et les pulsations bien trop hautes. Je pointe au premier ravito en 5ème position.
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Dans les parties abritées, il n'y a pas trop de problèmes mais dès que c'est exposé et que l'on a le malheur d'être face au vent, on recule littéralement ! D'ailleurs à l'amorce d'une descente sur une piste de ski rouge telle le Tetras à Gérardmer (pour les connaisseurs du Trail de la Vallée des Lacs), un phénomène quasi incroyable se produit. Il y a pourtant de la pente, mais tellement de vent qu'il faut lutter pour avancer, on se laisserait facilement porter dans le vent. La suite est encore plus épique pour rejoindre le barrage des Bouillousses, sur une portion en faux plat montant, j'ai l'impression de faire un pas et de reculer de deux !! On est pas au bout de nos peines ! Sans compter qu'il neige toujours... Heureusement, à partir de ce moment, le parcours part dans une autre direction et surtout sur des parties plus abritées.
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Une longue descente dans un ruisseau et à travers les alpages s'en suit donc et confirme mon absence totale de dextérité du jour dans le technique. Impossible de me lâcher un peu. Je prends mon mal en patience, les places commencent à être établies, je suis 8ème. Puis vient une longue portion sur des pistes de ski de fond, où il faut courir régulièrement, même si ça ne va pas très vite.
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A la faveur de cette portion monotone, je rattrape un concurrent. Nous arrivons ensuite sur une difficulté majeure, une piste de ski (je dirais une bonne rouge) à grimper de face, 700m D+ au programme. Bon là, il n'y a pas 50 solutions, les mains dans le dos, des pas plutôt courts et en avant Guingamp ! Un gars du coin me fait forte impression, le bougre parvient à courir et reprend au moins 5 places dans cette montée où l'on voit quasiment tous ceux qui nous précédent et ceux qui nous succèdent. Je n'ai pas les jambes pour l'imiter. Au sommet, j'essaye de relancer, je connais l'endroit et sais à peu près ce qu'il me reste jusqu'à l'arrivée. Depuis quelques kilomètres, nous sommes avec les concurrents du 25km, donc ça permet de se trouver des lièvres. Cette partie finale se déroulera plutôt bien pour moi et me permettra de finir sur une bonne note.
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Je franchis la ligne en 6ème position à un peu moins de 15' de la gagne, donc finalement satisfaisant malgré mon absence flagrante de forme aujourd'hui. Côté chiffres, le parcours faisait finalement env. 38km pour 1800mD+, bouclés en 3h34. Quelques soins chez les kinés et la podologue et retour en Andorre pour mon premier jour de boulot officiel.
 
Jun
13
2010
"Week End Choc" à travers les Vosges
Je suis comme ça moi... spontané, impulsif, inconscient ! Il m'arrive parfois d'avoir des projets que j'ai envie de réaliser sans attendre. Cette traversée des Vosges est de ces projets qui me trottaient dans la tête depuis quelques temps. Initialement, ce WE du 12&13 juin, je devais participer à l'Aventure Chablaisienne, mais n'ayant pas de coéquipier et préférant me recentrer vers une préparation plus spécifique "trail" à M-2,5 de l'UTMB (comprenez à 2 mois et demi de l'échéance !), je me suis décidé à faire un WE choc. Aux balbutiements de cette idée, je pensais faire 2*8h de trail, puis l'idée de faire une grande boucle à travers les Vosges afin d'explorer des coins que je ne connaissais pas m'est apparue comme une évidence.

Voilà comment s'est monté cette idée, en 3 jours !! Stéph B et mon frère avaient décidé depuis quelques temps de faire une randonnée sportive sur deux jours entre le Donon et le Ballon d'Alsace, mon parcours s'est quelque peu greffé à leur sortie.

Le truc c'est qu'en trail, on ne peut pas se permettre, comme en rando, de trimballer le ravito, le couchage et tout le toutim. Il me fallait donc me faire assister par des potes à certains points du parcours.

Le premier jour a été plutôt "cool" puisque le parcours consistait à rejoindre le Col du Donon depuis Saint-Dié afin de bivouaquer avec les deux loustics. Bivouac un peu à l'arrache car je n'avais ni tente, ni sac de couchage. J'ai donc profité du peu de matos superflu de Stéph et Max pour dormir dans un drap en soie + couverture de survie sous un abri fait avec une bâche pour passer cette première nuit. Heureusement il ne faisait pas froid mais la pluie s'est invitée durant une bonne partie de la nuit, bref.
Le deuxième jour, le challenge consistait à rallier le plus haut sommet des Vosges, j'ai nommé le Hohneck, depuis le col du Donon. Une sacrée trotte lorsque l'on examine le parcours sur la carte... Le défi supplémentaire que je m'étais mis en tête était de rentrer directement à Saint Dié si j'arrivais avant 17h au Hohneck !! Comme si je n'en avais déjà pas fait assez...

Le récit :

Départ vendredi vers 12h45 par un temps chaud et ensoleillé. J'ai toute l'après midi devant moi pour rejoindre le sommet du Donon. Les premiers kilomètres à travers Saint Dié et l'Ormont sont un peu laborieux à cause de la digestion et du poids du sac dont je n'ai plus trop l'habitude (4kg), mais le rythme est régulier et plutôt correct. Je passe par les Molières, les Raids de Robache, emprunte le chemin qui descend sur Saint Jean d'Ormont et remonte l'autre versant pour arriver à la Fontenelle. Je cours sur toutes les parties planes, descendantes et en faux plat et marche dans les montées. L'itinéraire est plaisant mais la température est un peu trop élevée pour moi. Une fois à la Fontenelle, je redescend vers Le Paire, puis remonte vers Mesnil de Senones. Ce sont des coins que je n'ai pas du tout l'habitude d'arpenter et je découvre de bien belles bâtisses (fermes, granges, auberges...). J'arrive à Senones après un peu plus de 2h de course. A partir de là, je connais le parcours, on remonte au Clos Malpré pour reprendre la crête vers la Tête du Coquin. Ces parties sont roulantes, longues et monotones donc il y a plutôt intérêt à courir...
Finalement, j'arrive assez rapidement au Lac de la Maix. Je ravitaille ma poche à eau dans un petit cours d'eau et repars tranquillement. L'envie de piquer une tête dans le lac légendaire me titille mais je trace ma route. Beau petit sentier vers le Col de Prayé où nous étions passés à VTT il y a quelques semaines avec Stéphane Iung. Le col du Donon est atteint presque trop rapidement. Je prends donc mon temps pour ralier le sommet où se dresse le temple. Première étape 5h50 pour 1500m D+ et une bonne cinquantaine de kilomètres.
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Je rejoins Stéph et Maxou au col pour le bivouac

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Deuxième étape : après une nuit plutôt tumultueuse à cause de la pluie et du vent, on se lève à 4h pour déjeuner et replier le campement. Je descend à Vaquenoux avec Stéph et Max en marchant, puis me sépare d'eux au moment où je me mets à courir. C'est parti pour une belle bambée vers le Hohneck !
Les premiers kilomètres sont...humides et les chaussures gorgées d'eau (bonjour l'état des pieds en fin de journée...). J'arrive à Wackenbach par un GR très sympa un peu en dévers. A partir du village, on grimpe à travers la forêt vers Salm. J'ai la chance de rencontrer deux jeunes cerfs. Je cours tranquillement, les jambes ne portent pas du tout les séquelles de la veille et c'est très bon signe. Seul mon petit orteil est douloureux, il va falloir que je prenne davantage soin de mes pieds à l'avenir, mais avec cette flotte on a toujours les pieds trempés. A partir de Salm, j'empreinte la route pour rejoindre Plaine via le parcours de santé, puis arrive à Saint Blaise la Roche. Quelques passages dans des genets de 2m de haut bien denses auront fini d'humidifier ce qu'il me restait de textile sec ! D'ailleurs mon téléphone rendra l'âme à cause de ça. 7h, j'appelle Daniel pour le prévenir que j'aurai une bonne demi heure d'avance sur mes prévisions et attaque la montée vers le Petit Alban et le Grand Alban. Ce chemin forestier est bien agréable, je me ravitaille en vue du reste de la journée. En arrivant au pied du Climont, je me rends compte que je vais être à la bourre sur l'heure annoncée à mon assistant. J'ai 20' devant moi pour monter et descendre le Climont et rejoindre le Col d'Urbeis. Impossible ! En plus, le téléphone ne fonctionne plus, impeccable... A l'amorce de cette montée, un cerf énorme me coupe la route, je n'en avais jamais vu d'aussi impressionant en liberté. Quelle énergie ces animaux. La montée est technique et sinueuse. J'adore ce type de chemin. J'atteinds le sommet vers 9h30. J'ai déjà 15' de retard sur l'heure indiquée. La descente est très mal indiquée et j'ai du mal à trouver le GR, je décide donc de tailler dans la pente, sous une pluie diluvienne. En arrivant sur la route, je vois une indication "Col d'Urbeis 1h15" ! Une petite accélération s'impose. 15' à bloc sur la route et les GR et je suis au col. J'ai même réussi à dépasser deux fouines qui voulaient faire la course. Il va falloir dire au Club Vosgien qu'ils mettent des indications pour les marcheurs et pour les coureurs. Daniel me voit arriver et m'encourage comme sur une course. J'ai bien prévu mon coup car une belle cabane m'attends pour me ravitailler et me changer. 45' plus tard, après avoir mangé, m'être changé et bien discuté, je repars sur le GR 5 en direction du Col de Sainte Marie.
Au moins 20-25km séparent ces deux cols. J'essaye de courir autant que possible. Ca ne va pas très vite, mais ça avance plutôt bien. Près de la Chaume de Lusse, je tombe sur une guinguette Meteor ! Je ne m'arrête pas pour boire une mousse car un bon "coup de cul" m'attends. Je passe au Col de Sainte Marie vers midi. Déjà 7h que je suis parti !!
J'avoue être un peu émoussé. Je m'arrête pour regarder la carte et estimer mon heure d'arrivée au point de rencontre avec Fred, mon prochain assistant. Entre le col de Sainte Marie et le Col du Bonhomme, je n'emprunterai que la crête. C'est donc un enchaînement de montées-descentes courtes mais plutôt pentues qui m'attend, mais le paysage est carrément motivant, plutôt sauvage d'ailleurs. Les bâtons sont bien utiles sur cette portion. Je retrouve l'ami Fred au dessus du Col des Bagenelles. Il est venu en VTT et me suivra durant un bon morceau de la journée. Le fait d'avoir un vélo qui me suit ou qui me précède a forcément ses vices. Entre notre point de rencontre et le Col du Bonhomme, je cours à bon train tout en discutant. Je crois que je m'emballe un peu, mais il faut se faire plaisir... Le ravito est posté au Col du Bonhomme.
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Une petite portion de pâtes, des tucs, des oléagineux (noisettes, graines, noix de cajou...), de l'eau pétillante et c'est reparti. J'ai moins traîné que ce matin, puisque je ne me suis arrêté que 20'. On repart en même temps qu'une troupe de militaires à VTT qui font la traversée des Vosges en 8 jours (petits joueurs ? d'autant plus qu'ils ont une logistique digne du Dakar ! bref). Je les dépasse et emprunte le GR5 jusqu'au Col de Louschbach. Là encore, avec Fred en vélo à mes côtés, je pense que je suis un peu au dessus de la vitesse raisonnable, mais bon...
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Un bon "coup de cul" nous attend à ce moment là pour rejoindre la crête du Gazon du Faing, c'est raide, il y a de beaux bourbiers à traverser ce qui aura à nouveau raison de tout un travail de séchage de mes chaussettes et donc de préservation de mes pieds... Ca y est, on est sur la crête. A priori, le Hohneck n'est plus très loin... Tu parles ! Il y a encore une sacré trotte pour rejoindre le fameux sommet Vosgien... Sur cette portion entre le Gazon du Faing et la Schlucht, c'est une succession de moments de "bien" et de "pas bien" qui m'animera. Tantôt je cours comme un lapin en m'imposant des petits défis du style "cette montée là, tu la passes tout en courant", tantôt j'ai besoin de quelques minutes d'arrêts pour souffler un peu et étirer mes jambes qui commencent à être courbaturées.
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Un peu avant la Schlucht, voyant l'heure avancer et mon état de fraîcheur se dégrader, je décide d'arrêter ma trotte au refuge du Sotré. Je choisis le joker "appel à la famille" et leur donne rendez-vous dans quelques heures pour me rapatrier à Saint-Dié, une sorte de Vosges Assistance en somme !
Arrivée à la Schlucht, la fontaine où l'on se ravitaille habituellement est à sec... Grosse désillusion, mon camelback est quasi vide. Je me pose 5' pour manger quelques cacahuètes et autres graines et me dit qu'il ne reste plus qu'une heure avant d'atteindre le Hohneck. Habituellement, lors de sorties trail de 4-5h, cette portion passe comme une lettre à la poste, mais là, trotter devient ma VMA ! Je parviens tout de même à garder un bon rythme pour rejoindre le plus haut sommet côté Vosgien en mode Alpin, càd sans oxygène, à l'altitude impressionnante de 1348m !!
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Petite photo souvenir avec Fred, qui me suit depuis les Bagenelles et qui, mine de rien, aura fait du VTT bien technique et on redescend vers le refuge du Sotré. Je commence même à ne plus être trop lucide puisque je me trompe de chemin pour descendre ! Je quitte Fred sur la route des crêtes, on a fait plus de 30 bornes ensemble, lui doit redescendre à Fraize en vélo, moi je vais aller me ravitailler. Me débarrasser de mes chaussures et faire sécher mes pieds sera un mélange d'extase et de souffrance. Jean, le patron du refuge, en voyant ma mine "marquée" me demande si ça va... Je lui répond que je veux une bière, il me dit "t'es sûr ?" !!

Voilà, ainsi se termine cet épisode bucolique et plaisant à travers les Vosges. Le genre de défi à renouveler, qui m'a permis de découvrir pleins de coins et de sentiers magnifiques tout prêt de chez moi. L'occasion également de se faire un petit bloc d'entraînement avant de quitter mes Vosges natales...
Certes, je n'ai pas bouclé la boucle en rentrant à pied à Saint Dié, mais j'avais mon compte pour le WE. Les petits signes de fatigue et quelques douleurs commençaient à apparaître, donc mieux vaut être prudent et se préserver plutôt que de s'obstiner et se faire du mal.

La suite de mes aventures très prochainement, dans une autre région...
 
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