Le Blog d'Aurélien Colin
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En septembre, la France se remet au travail après deux bons mois en roue libre. Les traileurs-trotteurs du Team TrailDesRoches.com n'échappent pas à la règle !
Après la PTL, on a lâché la soupape de présurisation et on s'est permis quelques extras. Repos complet et hygiène de vie passable pendant une semaine... Une semaine plus tard, on reprend doucement une activité. Cinq à six sorties tranquilles pour rédemarrer en douceur, tout en variant les sports.
Il reste six semaines avant l'objectif principal de ma saison : La Grande Course des Templiers. Stéphane m'a aidé pour planifier mon entrainement. Quatre semaines de "travail" assez intensif avec des semaines d'environ 12 heures pour reprendre de la vitesse de base et retrouver une foulée digne de ce nom.
Il va donc falloir être bien appliqué, ne pas se disperser, surveiller son hygiène de vie, écouter son corps, bien récupérer et évidemment, utiliser la méthode de l'Instant Juste pour ne jamais dépasser les limites du corps et ne pas recommencer les erreurs du passé...
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Par où commencer ? Venons-en au but : on l'a fait ! Le reste, les détails, les paysages, les émotions, le partage c'étaient de grands moments. Je ne crois pas avoir ressenti de telles émotions auparavant. Pourtant, pendant la course (ou la trotte), on ne pensait pas un seul instant à tout ce qui gravitait autour de nous. On était dans notre bulle, avec notre carte et le road book, et on s'efforçait d'avancer, avancer encore et toujours vers notre unique but, notre Grâal ! Etant donné qu'il y a pas mal de choses à raconter, je vais tenter de vous faire un compte rendu à peu près fidèle de ce qui a pu se passer durant cette petite semaine de vacances !
Mardi 25 Août 2009 vers 21h30 : on s'approche doucement de la ligne de départ. Ca fait depuis 20h qu'on tourne un peu en rond et on a le temps long de s'élancer. La Petite Trotte à Léon c'est une course en montagne de 245km et 18 000m D+ par équipe de trois (indissociable du début à la fin) en autonomie, en gros c'est l'AVENTURE. On est venus là pour se faire plaisir, pour aller au bout, mais on sait également qu'on ne va pas vivre cette ambiance de Tour de France qui règne autour de l'UTMB.

Et bien pourtant, à 21h45, je peux vous dire que Chamonix était presque aussi bondé que pour le départ de la course phare. Manu Roussat, notre hôte et manager est là, remonté comme une pendule. Au milieu des autres équipes, on sent une ambiance particulière, les yeux sont imprégnés d'innocence, voire de peur, les sacs sont volumineux, la fraternité est de mise entre les équipiers et ce départ de nuit ajoute un peu de magie à cette épopée qui s'annonce fantastique.

22h : la musique du Dernier des Mohicans, les acclamations du public et la pluie nous donnent l'élan vers notre quête. Pour avoir pris trois fois le départ de l'UTMB, j'avoue que celui-ci est véritablement celui qui m'a le plus marqué. On en oublierais presque l'ampleur de la tâche qui nous attend. D'ailleurs, la vitesse à laquelle on avale les 8km vers les Houches laisse à penser que nous n'avons QUE 166km à parcourir ! Après une heure de course, la pluie, l'orage et les éclairs redoublent d'intensité. Le col de Voza est le premier de la série à être avalé, il en reste une vingtaine ! Celui ci était évidemment le plus facile, seulement 800m de D+ ! Dans la descente, je recharge mes bidons d'eau vers Bionnassay. On court avec deux ou trois équipes. Jusque là, c'est du grand classique, on bascule vers les Contamines par l'itinéraire qui longe la rivière, puis Notre Dame de la Gorge, la fameuse dalle de pierre et le chemin roulant vers la Balme. Dès les Contamines, je ne me sens pas au top. J'ai les jambes lourdes, le ventre un peu barbouillé et mes camarades avancent d'un bon pas (même l'Ancien est déchaîné !). En fait, c'est l'eau des fontaines qui n'était pas très bonne. J'en ai des nausées. Petit arrêt Spasfon, on repart, arrêt bouffe à la Balme (déjà 5h de course pour 32km).

Evidemment, le coup de barre que je n'attendais plus arrive et m'assome pendant une heure (je ne suis décidément pas fait pour les courses de nuit). Heureusement, je me réveille au pied du col d'Enclave. Dans cette ascencion, il vaut mieux être bien lucide et ne pas trop avoir le vertige (là ça va car il fait nuit, mais faut pas dévisser). Aldo, à son tour, n'est pas au mieux, ses problèmes gastriques ne font que commencer. Il les trainera pendant une bonne journée. Au sommet du col, on entre plus sérieusement dans le décor de la PTL, on se dit "ouah, c'est costaud et galère cette section", et bien ce sera comme ça pendant de nombreux kilomètres ! Il faut chercher un pseudo sentier, marqué par des pseudo cairns. On jardine un peu, le GPS trouvera là sa seule utilité de la course ! On passe un deuxième col dans la foulée, le col de la Grande Ecaille. En bas de cette descente, on aperçoit le refuge Robert Blanc perché au dessus de nous, il semble si près !... Aldo est en train de vivre les pires moments de sa course. On arrive au refuge tant bien que mal vers 7h du matin. Tout le monde a besoin d'une petite sieste. On s'enfile également une platrée de pâtes et on se motive pour repartir. Il reste du pain sur la planche, car à la vitesse des 5 derniers kilomètres effectués, on est pas arrivés ! En effet, depuis la Balme, on a parcouru seulement 5km en... 3h30 !!

La suite est également très technique. Entre balcons, pierriers à dévaler, cours d'eau à traverser, dalles à escalader et dévers à arpenter, on est servis en terme de technicité et d'engagement. Le col de la Seigne que l'on passe à l'UTMB marque un court répis et nous laisse le temps de s'alimenter à nouveau. La suite s'annonce un peu délicate avec beaucoup d'anciens glaciers à passer, des traces qui n'existent pas dans la réalité, etc.
  Entre le col de la Seigne, le col de Chavannes, le col de BassaSerra puis la traversée du glacier d'Arguerrey pour arriver au lacs de Pointe Rousse, on progresse lentement. Stéphane nous éclaire par ses premières ampoules, Aldo n'a pas encore retrouvé tous ses moyens et, pour courroner le tout, on jardine un peu.

Au sommet de Pointe Rousse, on aperçoit au loin les tentes du col du Petit Saint Bernard, synonymes de ravitaillement et de repos mérité ! Mais avant cela, il y a la descente... On rencontre une équipe de Haut Jurassiens qui a de la bouteille (donc de l'expérience) et qui connaissent le parcours. On les recroisera fréquemment sur notre route. Au pied du Petit Saint Bernard, le road book indique qu'il faut contourner le lac alors que la plupart des équipes ont l'air de couper pour rejoindre plus rapidement le ravito. J'insiste pour que l'on prenne l'itinéraire normal, ce qui me vaudra de nombreuses remarques de la part de mes équipiers pour le reste de la course. Mais on est là pour faire le parcours indiqué, sans couper, sans tricher, en autonomie... Ce qui est finalement le cas de très peu d'équipes !!

En arrivant à cette base vie, Stéph est "Out", besoin de dormir, Aldo est toujours vidé et moi je commence à fatiguer également, mais ça reste correct. Une bonne heure et demie de pause plus tard, on repart. Le prochain objectif c'est le refuge Deffeyes. On est tous à peu près requinqués, et jusqu'au col de Louïe Blanche, ça se passe pas trop mal. L'orientation joue un rôle central dans cette course et il faut évidemment éviter de perdre du temps et de l'énergie à jardiner. Malgré tout, c'est ce qui se passera peu après ce col. On se trompe de cairns et de moraine à garder à main droite et on y laisse 20 bonnes minutes. Là, le terrain de jeu est un enchaînement de sauts de cabris de pierre en pierre pendant presque une heure. Heureusement, les paysages sont magnifiques...
 
Il se remet à pleuvoir (tiens, ça faisait longtemps) au moment d'attaquer la descente depuis le lac de Bellecombe. Une cascade d'une puissance extraordinaire descend depuis le lac des Séracs sur notre droite. C'est tellement beau et impressionnant qu'on n'en trouve pas notre chemin ! La fatigue commence véritablement à se faire sentir, il pleut, on cherche le pont qui permet de traverser le torrent en contrebas et la nuit arrive. Cette montée durera une bonne heure, pourtant, sur la carte, ça ne paraissait pas long... C'est une vraie galère pour Aldo qui n'en peut plus et demande à s'asseoir régulièrement. Nous arrivons finalement au refuge Deffeyes vers 21h. Quelques équipes nous ont rattrapé en coupant à travers... On est super bien reçus. Une douche, des vêtements à peu près propres, une soupe, des pâtes et même une bière nous aiderons à bien dormir. Ce sera la seule vraie nuit que l'on passera : 4 heures de sommeil tout de même !! C'est royal ! A 4 heures du mat', il y a beaucoup de monde qui se lève.

On décolle en petit convoi vers 4h45. Il faut tout d'abord monter un peu pour rejoindre le Passo Alto avant d'attaquer les 2000 mètres de dénivelé négatif qui nous améneront à Morgex. Ca commence par un pierrier de folie où on va errer pendant 45 bonnes minutes. Des blocs de pierre à escalader, ça glisse, on s'errafle, on chute, c'est pas évident. En fait, il fallait tirer bien plus à gauche depuis le sommet, mais ça il fallait le savoir, et de nuit, on ne voyait rien. Du coup, plusieurs équipes nous rattrapent. Qu'importe, ça n'est pas une compétition. En arrivant à Morgex, on est filmés par TF1. Sur le coup, on ne savait pas que c'étaient eux, on ne l'a su qu'ensuite. Bref, on reste 45' à cette base vie, le temps de changer quelques vêtements, refaire les niveaux de bouffe et s'enfiler une part de lasagnes (à 9 heures du matin, normal !). La journée ne fait que commencer et les 2000m de dénivelé que l'on vient de descendre ne demandent qu'à être gravis à nouveau, mais sur l'autre versant. 3h30 de montée non-stop à un rythme régulier, mais sous le soleil. Ca calme ! On rejoint ensuite le val d'Aoste. Col du Sapin, Col d'Entre deux Sex pour arriver au refuge Bonatti, bien connu des UTMBistes.
 
Il est environ 16 heures 30. Là encore, on commande soupe et pâtes, qui nous arrivent en quantité (on est quand mm bien reçus chez les Italiens). Le temps que je regarde les cartes pour savoir ce qu'on va encore pouvoir faire et chercher un endroit où dormir que Stéphane et Aldo ont fini leur sieste. Bon, tant pis, Bibi ne fera pas de sieste... On repart vers 18h. On a prévu d'avancer le plus loin possible jusqu'à ce que le sommeil nous arrête. Jusqu'au refuge Elena, via Arnuva, c'est de l'archi connu. Mais à un moment, il faut bifurquer à droite, vers un No Man's Land presque effrayant. "Quoi, t'es sûr de ton coup ? C'est par là qu'on doit aller ?? - Euh, oué je crois" Le col du Ban Darrey n'est pas une franche partie de rigolade. C'est un immense pierrier où il n'y a quasiment pas de trace et les cairns doivent faire 10cm de haut. Je ne voudrais pas le passer dans le brouillard. Au sommet, enfin sur l'arête, il fait nuit, et la descente s'annonce plutôt épique. En effet, le road book annonce qu'il n'y a pas de chemin. "Garder rivière à main droite". Euh, d'accord... Deux bonnes heures à suivre plus ou moins ce torrent à travers des pâturages de vaches. Pourtant, on vient de passer en Suisse, ça devrait être mieux indiqué que ça ! Ces longs moments à chercher un semblant de sentier à la lueur de la frontale auront raison de moi. Il faut que je dorme. Là, c'est l'anecdote de notre PTL. A plan Lachaux, on trouve une caravane, il est 22h15, on toque à la porte, la bergère nous ouvre. Elle hallucine un peu mais accepte de nous faire dormir dans la bergerie. Confort minimaliste (une palette et un tas de sable en guise de lits) mais elle nous offre un morceau de fromage et du pain. Sur les 4 heures qu'a duré cet arrêt, je pense avoir dormi 30 minutes au maximum. A chaque fois qu'Aldo ou Stéphane se retournaient, je me disais, ça y est, on repart ! M'enfin, c'était mieux que rien. On lève le camp à 3h15, direction le col du Névé de la Rousse. Après avoir perdu du temps en voulant suivre inutilement le chemin indiqué par le road book, on entame cette ascencion. On croise plusieurs campements de trotteurs sur notre route (une bâche, une tente, et deux camping car, bel esprit !!). Le col est passé vers 5h30. En s'approchant d'une cabane, on voit repartir au loin deux équipes, ils ont dormi ici à 5 équipes !

En attaquant la côte qui mène au sommet du collet de Revedin, on rejoint l'équipe d'Yves Detry, guide de la vallée de Chamonix, qui connaît le parcours comme sa poche (et les raccourcis également). La descente était interdite de nuit car trop dangereuse. Tout le monde nous avait averti du danger encouru. Du coup, on avait presque la pression en arrivant au-dessus. En fait, ça passait relativement bien, même si je n'étais pas très habile à cette heure encore matinale pour moi.
Au Prayon, arrêt ravito où l'on retrouve beaucoup d'équipes, notamment Team GR, Colas Rhône Alpes, Haut Jura Ski... Etonnant que certaines soient déjà là. 45' plus tard, nous voilà repartis, sur le sentier de l'UTMB tout d'abord, puis à gauche vers la Cabane d'Orny, une belle ascencion de 2h en plein cagnard. Stéph a son petit coup de moins bien, Aldo a l'air en forme et on rattrape l'équipe d'Yves. Du sommet jusqu'à la Breya, c'est absolument grandiose, le sentier est très ludique et je m'y sentirais presque pousser des ailes, Aldo suit, Stéph accuse le coup, mais comme d'hab, il ne dit rien... Par contre, à partir du télésiège de la Breya qui surplombe Champex (1000m D- plus bas), c'est pas très marrant. Il faut descendre une piste rouge dans une pente très abrupte. En arrivant au gîte de Bon Abri, j'ai les genoux démontés.
On prend le temps de manger, je tente une sieste mais je ne trouve pas le sommeil. Une nouvelle fois, Stéphane et Aldo sont requinqués, mais ça n'est pas le cas de tout le monde. Les ampoules aux pieds commencent à être douloureuses pour eux, moi j'ai mal aux genoux, chacun sa croix !! On a 170km dans les jambes et ça commence à se voir !
Nous quittons le gîte vers 16h30-17h (je ne suis plus très sûr). Nous croisons Ludovic Pommeret au moment d'attaquer la montée vers la fenêtre d'Arpette. L'objectif pour ce soir est de rejoindre Vallorcine. La montée est longue mais régulière. Notre point fort est la montée, depuis le départ, on monte entre 600 et 700m/h. La fin de l'ascencion est, comme souvent, parsemée de blocs rocheux à escalader et il faut rester vigilent pour rester sur le bon tracé. Avec mes genoux amochés, la descente s'annonce laborieuse. Je prends un rythme tranquille, on en profite pour manger un peu. On croise un italien bien mal en point, son genou est bien pire que le mien... En bas de la descente, nous doublons l'équipe mixte des Jurassiens, pas d'arrêt, nous nous sentons tous bien, on enchaîne vers la cabane des Grands. Là, c'est un festival. Stéphane, puis Aldo ménent le rythme. On est à 750m/h allégrement. On dépose nos amis de Team GR qui sont assez impressionnés par notre allure. Jusqu'à la Cabane des Grands, No Soucy. Par contre le sentier en balcon qui relie le Col de Balme est un vrai calvaire. Il fait nuit donc frontale, il commence à bruiner, plusieurs arrêts pour soigner des ampoules naissantes et les 4km annoncés semblent sous-estimés. Mais tout ceci n'est rien comparé à ce qui nous attend.
En arrivant au col de Balme, on aperçoit le panneau, puis tout à coup, en l'espace d'un instant, on ne le voit quasiment plus. Le vent s'est levé, la pluie s'est renforcée et on ne devine pas le début de sentier qui est pourtant devant nous puisque nous sommes au panneau ! On jardine 5 minutes, mais déjà frigorifiés, on enfile gore-tex, bonnet, gants, sur-pantalons. Bonne nouvelle, l'équipe Team GR arrive et nous allons pouvoir faire route commune pour chercher notre chemin. Interdiction de s'éloigner de plus de 5 mètres sous peine de se perdre. On tombe sur le refuge qui était à côté de nous mais que l'on ne distingait pas. Il est fermé. Les GPS ne sont d'aucune utilité. En s'y mettant à plusieurs et à l'ancienne (boussole et carte) on trouve un début de sentier. Pendant près de 30 minutes, nous avancerons à six pour rejoindre Catogne, où passent les coureurs de la CCC. Ouf, on est sortis de ce mer***** ! Le temps d'enlever nos tenues d'esquimaux et c'est parti pour la descente vers Vallorcine. Je n'avance pas bien vite et il faut constamment laisser passer les coureurs de la CCC qui, eux, courent !! Le sommeil m'a, une nouvelle fois, rattrapé. Aldo est à bout de forces également. Seul Stéphane est encore à peu près vaillant. Heureusement que notre objectif est en vue. Toutefois, ça a été l'un des moments les plus dur de la course pour moi. En outre, il y a une ambiance extraordinaire en bas qui nous effraie. A cette heure-ci et après 22 heures de route, on n'aspire qu'à une seule chose, du silence et du calme pour se reposer quelques heures.
En arrivant au ravito, on ressemble à des zombies et l'effervescence qui entoure tous ces coureurs nous énerve davantage. Il faut dire que compte tenu de notre état d'épuisement, un rien nous aurait énervé, alors là... On s'attendait à trouver une salle de repos... nous dormirons à même le sol dans l'infirmerie, aussi bruyante et éclairée qu'une discothéque. 3 heures d'arrêt, 30' de sommeil pour Aurélien ! ça, c'est fait. Bon, allez maintenant on se barre ! Il est 3h30 lorsque l'on part de Vallorcine, direction le refuge de la Loriaz. En passant devant, et après 1h30 de montée, le sommeil, le vrai, est de nouveau à la charge, je supplie mes équipiers de me laisser fermer les yeux pendant 15 minutes. D'autant plus que nous ne trouvions plus notre route à cause du brouillard épais. Quel havre de paix et quel confort ! Si on avait su, on seraient venus dormir ici. Mais encore aurait-il fallu réussir à se traîner jusqu'ici ! Finalement, on s'arrêtera 45'. La gérante nous offrira même le café.
Désormais, plus question de traîner, il reste une bonne quarantaine de kilomètres pour rejoindre Chamonix, et l'objectif est d'y arriver avant la nuit. Le sentier en balcon qui relie le refuge du Vieux Emosson ressemble fortement à celui qui nous avait paru si long la veille avant le col de Balme. Mais le jour apparaissant et le brouillard se dissipant, c'est moins laborieux. On s'arrête pour prendre une bonne soupe au refuge où nous rejoignons la trotte des Jurassiens. Il faut, ensuite, contourner le lac du Vieux Emosson pour attaquer l'une des dernières difficultés du parcours, le Buet. Avant cela, il faut passer le col du Vieux, puis le Cheval Blanc, qui, entre nous soit dit, est un truc de fou ! Une pente hallucinante (env 60%) où l'erreur n'est pas permise. Les tendons d'achille apprécient modérément... Au sommet, nous traversons une sorte de plateau au paysage lunaire mais magnifique. Les vallées sont encore embrumées, mais là où nous allons, au dessus de 3000m, pas de soucis.
La montée vers le Buet nécessite de traverser un pierrier en dévers sous une crête. Là, il ne faut pas arriver avec une entorse de la cheville sinon on pleure. Les pierres sont acérées et les semelles de mes XA Pro s'en souviennent ! Ensuite, il reste environ 250m D+ qui s'apparentent à de l'escalade ou, au moins de la via ferrata sans assurance, dans leur majeure partie. Il vaut mieux arriver lucide et ne pas être déséquilibré, sinon c'est plusieurs centaines de mètres de chute assurés. Un peu avant le sommet, Papy Aldo (qui a remis son dentier) a les pieds en piteux état, donc Dr Brogniart intervient. Le problème c'est que Dr Brogniart est moyennement lucide et opère à vif, donc les cris d'Aldo effrayent les bouquetins ! D'ailleurs Stéph a son genou qui redevient très douloureux. De mon côté, ça ne va pas tarder... En effet, après 500m de D-, je décide de m'arrêter pour strapper et ainsi soutenir mes rotules, devenues trop douloureuses pour continuer ainsi. Par là même, je donne raison à Mr Brogniart qui avait insisté pour que nous emmenions des "kilomètres de strap" avec nous ! Une fois rescotché, je retrouve mes jambes de 20 ans ! Plus aucune douleur, enfin pour le moment.
Au bénéfice des quelques erreurs que nous commettons, les Jurassiens reviennent sur nous. Nous ferons route ensemble quasiment jusqu'à la moitié du Brévent. Le détour que les organisateurs nous font faire vers le refuge du col d'Anterne est quelque peu démoralisant pour une fin de parcours. Mais en discutant, ça passe mieux.
Allez, encore une petite descente vers le Pont d'Arlevé et il ne nous restera plus que la montée du Brévent et le descente sur ChamoniXXXX ! C'est en ce début d'ascencion que Stéphane Brogniart himself décidera de nous péter un plomb. Il n'avait pas trouvé l'occasion pendant les 90 heures précédentes, donc il s'est dit, mieux vaut tard que jamais ! Blague à part, son genou était devenu très douloureux. La montée sera pour lui un véritable chemin de croix. Aldo restera à son chevet. De mon côté, je me sens pousser des ailes, j'appuye sur les bâtons et oublie mes inflammations rotuliennes qui réapparraissent (le strap n'ayant une véritable efficacité que durant 30'). J'avale les derniers métres de montée à un modeste 950m/h et me surprend même à trottiner. Une joie immense m'envahit en apercevant l'arrivée au fond de la vallée. Mais il faut raison garder, car avant d'arriver, il y aura 1400mètres de dénivelé négatif à "bouffer", et ça, ça s'annonce douloureux ! J'appelle Manu Roussat pour le prévenir de notre arrivée imminente. Je n'aurais pas eu besoin de l'appeler étant donné qu'il savait en temps réel où nous étions et n'a pas beaucoup plus dormi que nous pendant ces 4 jours !
Revenons à nos moutons, je dis à Aldo et Stéph qu'on ne s'emballera pas, car mes genoux sont douloureux et je ne veux pas hypothèquer la fin de ma saison à jouer le Fangio dans la descente. Au début, mon plan se déroule comme prévu. Le "hic" c'est que nos amis jurassiens, eux, courent. Hors de question de se faire dépasser si près du but. C'est pas une compét' mais on se doit de sauver l'honneur (pour ce qu'il y avait à sauver !!). Me voilà donc obligé de trottiner, puis de courir, en tenant mes bâtons, en lisant le road book et en cherchant les chemins tout en surveillant l'altimètre pour prendre le bon chemin ! Du coup, Badaboum, je mange la poussière en accrochant le bout de ma chaussure dans une racine qui n'avait rien à faire là ! Qu'importe, on enquille le reste de la descente à un rythme honorable. En arrivant à quelques centaines de mètres de Chamonix, les émotions explosent, il n'y a plus à se poser de questions, juste à savourer. Le 10ème de l'UTMB vient de finir, donc les rues sont encore bondées de monde. On fini côte à côte ces dernières centaines de mètres, en tapant dans les mains des spectateurs. Devant le Bistrot des Sports, tout le clan Roussat est là, on croise également Dawa. Seule la dernière ligne droite se fera en marchant. Cette arche, ça faisait trois ans que je ne l'avais plus passée, ma revanche est prise, et quelle revanche !

Merci à tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont soutenu et permis de venir à bout de cette belle aventure.
That's All Folk !!
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Arrivés samedi après midi avec Stéphane et Aldo. Cette année on est installés comme des rois dans un chalet aux Houches. Dimanche et lundi ont été consacrés au fignollage des sacs, au shopping dans Chamonix, petit footing, sieste... Notre hébergeur ne nous a malheureusement pas rendu la vie facile... difficile de résister à l'apéro. Heureusement, je surveille mes aînés !! Demain après midi, on ira retirer les dossards vers 17h, contrôle des sacs, briefing à 18h, pasta party à 19h et ... départ à 22h.
Le GPS est enfin opérationnel, Aldo a dévalisé les boutiques pour trouver le dernier matériel nécessaire, Stéphane a investi dans THE casquette. cf photos.



Le plan de marche prévisionnel est le suivant : - Chamonix - Refuge Deffeyes (env 80km), voire Morgex en fonction des pauses effectuées dans la journée et de l'état de fraîcheur. - Refuge Deffeyes (ou Morgex) - Collet de Revedin - Collet de Revedin - Vallorcine - Vallorcine - Chamonix
Suivi en direct de la course sur : http://utmb.livetrail.net/
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Pour préparer la PTL, il n'y a pas 50 solutions, il faut être prêt à encaisser les bornes et le dénivelé. Pour ça, rien de tel qu'une bonne semaine de volume avec une quinzaine d'heure d'entrainements en trail, en rando, en VTT, roller et même natation. De belles sorties en rando course comme celle réalisée par un temps idyllique sur les crêtes vosgiennes (et alsaciennes !!) ont permis de tester le matériel et notamment les sacs.
   
Deux semaines de repos relatif (affûtage) ont suivi ces deux semaines copieuses...
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Un WE très sympa chez Yannick, mon pote VTTiste et raideur, originaire de Cinquétral, au-dessus de Saint Claude, au beau milieu du Jura. Je ne connaissais pas le Jura, j'ai été servi par un guide peu avare en kilomètres. On s'est fait vraiment plaisir à travers deux sorties : l'une à VTT, l'autre à pieds. De supers panoramas, une météo magnifique (c'est pas tous les jours), de beaux sentiers, des descentes super techniques, des portages costauds, des ascencions au seuil... Tout était réuni sur ces deux jours. Samedi : 5h de VTT pour 49km, c'est dire la technicité du terrain parce qu'on a pas chômé ! Dimanche : 3h30 de Trail pour rejoindre le sommet du Mont Sâla en Suisse.

La suite et les photos dès que je les aurai...
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Quelques chiffres sur cette sortie en solo au goût particulier :
* Départ de Lyon à 5h57 - Retour à Lyon à 21h15 * Temps total (pauses comprises) : 9h18 * Itinéraire : Grenoble / Saint-Pierre d'Entremont (j'ai un peu raccourci mais il fallait...) * Météo : exécrable (pluie, vent, froid) --> mon grand kiff d'habitude, mais là j'ai moins apprécié * Dénivelé positif : 3000m * Kilomètres parcourus : pas encore calculé ??? une cinquantaine ?... * Phases émotionnelles traversées : questionnement, plaisir, abnégation, euphorie, manque de lucidité, faim, froid, peur, joie... Dès le départ de Grenoble, un premier problème se pose. Pour grimper dans la Chartreuse, le plus simple est de monter à la Bastille. Le problème, c'est que ce monument (qu'il faut traverser pour accèder au reste du massif) ouvre ses portes à 9h... Je décide donc de passer par St Martin le Vinoux afin de contourner cet "obstacle". Là, on est tout de suite dans l'ambiance, après 5' de temps presque pas humide, il se met à pleuvoir (gore tex, housse de sac et protège cartes sont de sortie) et je jardine pdt 20 bonnes minutes pour trouver le sentier qui me permettra de monter au Mont Jalla.

Une fois sur le sentier balisé, ça va mieux. Mine de rien, il est déjà 9h lorsque j'atteinds ce point remarquable. On est pas rentrés ! Je décide de courir sur cette partie que je connais un peu pour l'avoir parcourue deux fois avec Johann. 9h25, je suis au col de Vence ! J'ai pas traîné, mais ça n'ira pas toujours aussi vite. Petit arrêt resserage des chaussures et j'attaque la montée du Fort St Eynard : 800m de D+. 20-25' de montée. Il pleut des trombes d'eau, je prends qq photos avec mon téléphone histoire de dire que... Histoire de dire que quoi d'ailleurs...!!!  Normalement, la crête du St Eynard est un régal, on surplombe l'agglomération grenobloise et on sillonne sur un singletrack très sympa. Sauf que là, il y a plein d'herbe et de végétation, gorgés d'eau ! En l'espace de 10', je suis trempé jusqu'aux os. C'est plus la peine d'éviter les flaques d'eau ! J'atteinds le carrefour de la Charmette vers 10h45. De là, je me dirige vers l'alpage d'Emeindras. Un alpage par lequel j'étais passé en rando avec Juju, le traileur Soularien, un mois et demi auparavant. Sur ce gros chemin, j'alterne course et marche. Depuis maintenant près de 2 heures, il pleut "dru" mais je suis plutôt bien "dans mes baskets" ! En traversant qq troupeaux de ruminants, je suis dévisagé. C'est vrai qu'elles ne sont pas rassurantes les vaches de la Chartreuse avec leurs cornes bien pointues ! Qu'importe, je trace ma route. A partir d'Emeindras du Dessus, je connais le sentier jusqu'à la Dent de Crolles. A la différence près que lorsque j'avais emprunté cet itinéraire, il faisait super beau. Là, pas de risque de prendre un coup de soleil, au pire une bonne hypothermie !! Col de la Faïta puis col du Coq, je décide de faire une pause pour me ravitailler en essayant de me mettre à l'abri. Tu parles, pas un coin qui permette de se mettre à peu près au sec. Je tente de manger des noix de cajou et des noisettes, mais ça ne descend pas très bien. Le repas aura donc été sommaire. En repartant, j'ai les doigts gelés, je tente de les réchauffer un peu comme en hiver quand ça "pelle" sur le télésiège mais pas très efficace. Jusque là, ma tenue vestimentaire se compose d'un corsaire, d'un t-shirt près du corps, de manchettes, une casquette et une gore tex. J'avais opté pour ce choix car l'important n'est pas d'avoir chaud mais d'être à l'abri du vent. Seulement, je ne pensais pas que cette pluie viendrait mouiller mes vêtements à ce point. En effet, j'ai bien du mal à me réchauffer, même en attaquant la montée de la Dent de Crolles sur un rythme de bûcheron !! A chaque fontaine que je croise (comme au col des Ayes), j'utilise mon gobelet pliable pour m'éviter de remplir ma poche à eau à chaque fois. Dans cette ascencion, c'est conditions haute montagne, j'ai fermé toutes les écoutilles, j'ai un champ de vision d'1 m² devant moi et je suis les balisages qui marquent le GR sans me poser de questions. La température a bien chuté avec ce vent à décorner les boeufs et je pense qu'en température ressentie, on doit être pas loin de 0... D'ailleurs, c'est limite pluie-neige. J'ai bien fait de ne pas passer par le sommet de la Dent de Crolles (pas de l'Oeille) et de suivre ce GR, du moins, c'est ce que je me dis sur le moment. Petit arrêt vérification de carte et là je me rends compte que mon sur-sac s'est envolé (certes, il était un peu grand pour le sac que j'utilisais) et ça ne m'arrange pas car mes fringues de rechange risquent d'être trempées pour la nuit.... la galère commence ! Revenons à mon GR, depuis cet arrêt "carte", il se fait plus technique, voire plus engagé (en balcon). Il faut aussi préciser que la visibilité est d'environ 10 métres et qu'à ma gauche, y a du gaz ! Donc, mieux vaut être prudent parce que je ne sais pas qui est ce qui viendrait à mon secours s'il m'arrivait quoi que ce soit (j'ai croisé trois personnes au dessus de Grenoble ce matin, mais dps...personne, même pas dans les villages !) et évidemment le téléphone ne capte pas à cet endroit. Je continue ma route en alternant toujours marche et course afin de me réchauffer. Les bâtons sont utiles sur les passages caillouteux bien glissants. Puis, le sentier prend de la hauteur, je passe devant une grotte ou un groupe de randonneurs a établi un campement (ils ne sont pas fous, eux). Ca grimpe donc et arrivent qq passages genre "via ferrata". Au début, ça n'est pas très impressionant, juste très glissant, mais au fur et à mesure, ça devient chaud, voire même tendu !

Je passe à travers la Cheminée du Paradis (pas bien large ce passage) puis arrive un passage à "escalader", style paroi à peine verticale de 3m de haut ,au pied d'un surplomb. Je pose un pied, puis deux, et au troisième... c'est le drame, je glisse et tout mon corps descend sur ce rocher glissant. Je tente de me raccrocher, mais les choses se passent en une fraction de seconde. Heureusement, je retombe sur le petit palier qui devance ce "pas", juste avant... le vide ! Avec le brouillard, je ne saurais pas dire s'il y avait 20m ou 100, mais en tous cas, ça m'a calmé. Je repars donc prudemment et encore plus refroidi qu'avant. Je commence à ne plus être dans mon assiette. Dans la descente vers la cabane de Bellefond, je me reprend un gadin, moins grave cette fois, mais encore une occasion ratée de se blesser inutilement !! Je crois que le froid et la faim me font passer un sale quart d'heure, pas très lucide l'ancien ! Sur les 500 derniers mètres qui ménent à cette fameuse cabane, je dois traverser un champ avec des herbes d'au moins un mètre de haut et... gorgées d'eau. J'aurais traversé un torrent que je n'aurais pas été moins mouillé... Je suis gelé, mais me rassure en me disant que je vais pouvoir m'abriter d'ici peu. Faux espoir, la cabane est fermée, rien pour s'abriter (même pas un avant toît), il ne faut donc pas traîner ici. J'attaque la montée vers le Col de Bellefond tambour battant et "dré dans l'pentu", je fais donc fis des lacets et emprunte le pierrier qui descend du col. Je gagne du temps mais pas évident de grimper un tel pourcentage de pente sur des cailloux qui roulent. Au col, ça ne va vraiment plus, je tremble, je n'arrive pas vraiment à m'alimenter, il pleut, on ne voit rien, je suis au milieu de nulle part. Mais il ne faut pas traîner ici, on réfléchira en route. Encore un gadin dans la descente, histoire de me confirmer que je ne suis pas présent à ce que je fais. Malgré tout, je suis dans un endroit quasi paradisiaque (enfin, selon mes critères et en temps normal). Je vais devoir traverser le vallon de l'Aulp du Seuil, une réserve biologique sous les Lances de Malissard. C'est magnifique (cf photo).

J'ai même le droit à une visibilité de 50 métres ! Je m'arrête pour remettre des vêtements : veste sans manche polaire, bonnet, buff, gants et j'en profite pour regarder la carte, histoire de voir où est ce que je pourrais éventuellement shunter. Ah ça y est je craque, honte à moi, quelle mauviette... Sur le coup, je vous l'accorde, j'oublie un peu les principes que je mets d'habitude en avant. Disons que la situation l'exige. La carte de la Chartreuse Sud peut être rangée dans le sac, elle ne me sera plus utile (je l'ai traversée de bas en haut et en diagonale). Je déplie donc la carte de la Chartreuse Nord et rapidement, je me dis qu'un arrêt à St Pierre d'Entremont serait envisageable, je pourrais prendre une navette pour Chambéry ou faire du stop et prendre le dernier train pour Lyon et... dormir dans mon lit plutôt qu'à la belle étoile sous la pluie ! Ca, il ne fallait pas se le mettre à l'esprit :-D Je continue ma route car ce vallon est assez long et je verrai bien plus tard en fonction de mon état physique et du temps que je mettrai pour rejoindre le prochain carrefour stratégique (la stratégie c'est, soit tu continues vers le Mont Granier, soit tu bifurques et tu rentres chez toi). Le paysage est vraiment très sympa, je sympathise avec quelques vaches et rejoins bientôt une partie plus boisée. Je ne suis toujours pas au top physiquement et la décision d'écourter commence à prendre le dessus sur le fait de continuer (le mental qui lâche...). J'arrive au chalet de l'Alpettaz vers 15h45. Le ciel commence à se dégager légérement, mais c'est trop tard, ma décision est prise, je descend sur St Pierre d'Entremont. Je mettrai tout de même une bonne heure et demie pour descendre (enfin je crois). En bas, il fait grand beau, c'est à se demander si je ne suis pas dans une autre dimension ! A l'office du tourisme, on m'annonce que le samedi, les navettes ne fonctionnent que jusqu'à 15h30 alors qu'en semaine elles tournent jusque 19h30 ! Râté pour la navette, il me reste la solution de faire du stop. Je commence donc à avancer sur la route de Chambéry en faisant du pouce. En plusieurs étapes, j'arriverai à me faire raccompagner jusqu'à la gare de Montmélian qui est juste avant Chambéry sur la ligne qui mène à Lyon. Il est 18h20, fin de l'aventure. Il me reste 1h30 pour me changer, manger ce qu'il me reste et prendre un billet de train. A 22h30, je suis dans mon lit... Quel petit joueur !!

Malgré tout, c'était une journée épique, à rééditer... mais par une météo plus clémente, et cette fois-ci je ferai la traversée en une traite ;-)
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