Mercredi soir : je rentre d'un footing un peu crevant à cause de la chaleur, puis après le repas, une idée saugrenue me vient en tête... Tiens, et si je me tentais la fameuse traversée de la Chartreuse que j'ai envie de faire depuis longtemps !
C'est vrai, depuis plusieurs années et surtout depuis que je suis à Lyon, cette idée me trotte dans la tête ; et je ne trouve jamais de partenaire disponible.
Du coup, je me dis que je pourrais le faire en solo, en partant un peu à l'arrache...
Fait est dit, jeudi soir, la décision est prise, je ferai cette liaison Grenoble Chambéry par le massif de la Chartreuse. Une belle balade d'environ 75 km pour 3500m D+ en suivant le GR9 puis le GR 96. Bon, c'est sûr, vu comme ça, les chiffres ne sont pas très impressionnants. Mais rassurez vous, je vais épicer un peu tout ça...!!
En effet, le but est de faire cet itinéraire à la journée, en solo, en autonomie, sous une météo qui s'annonce pluvieuse (là on commence à être dans le domaine du défi), en partant à 8h de la gare de Grenoble (il n'y a pas de train qui arrive plus tôt de Lyon), et en tentant d'attraper le dernier train qui part de Chambéry pour Lyon à 20h !! Pour le dernier critère, je suis moins optimiste car 11h30 pour 75km (voire +) avec plusieurs ascencions de sommets (ben oui, je ne vais pas passer par les balcons non plus !), ça relève de la compétition... Et compte tenu de ma forme actuelle, je pars plutôt dans l'optique d'une belle rando-course avec un peu d'orientation.
Donc, je risque de dormir à la belle étoile au dessus de Chambéry le samedi soir, pour prendre un train de bonne heure le dimanche.
Le sac est prêt, les cartes sont achetées (je peaufine l'itinéraire), le bonhomme est motivé, y a plus qu'à...
J'espère juste que la pluie ne sera pas continue, sinon ça risque d'être brumeux et humide dans les chaussures...
Cette petite expé, organisée on ne peut plus à l'arrache, sera, j'en suis sûr, une très bonne préparation pour la PTL.
Sacré morceau que cet ultra trail sur lequel on s’est pointés un peu la fleur au fusil… En effet, un mois et demi avant, Aldo nous lance : « Je ferais bien la Montagn’Hard, ça a l’air sympa et ce sera une bonne préparation pour la Petite Trotte à Léon ». Au début, j’étais moyennement chaud car je trouvais que ça faisait beaucoup après Gérardmer et Faverges. Finalement, je ne regrette vraiment pas. On a passé un super week end, on a bien ri, bien marché, un peu couru, pas beaucoup dormi (quoi que…) et bu quelques bières (pour la récupération, mais on avait anticipé pour être sûrs !).
Monté depuis Lyon avec Jujutrail, le steprunner Soularien, on débarque à la terrasse de l’hôtel où les trois lascards (Aldo, Jean Luc et Stéphane) sont déjà à l’apéro. La fine équipe était donc au complet et le festival de conneries était lancé ! Julien n’a pas été déçu du voyage !
Au lit à 21h15 pour un réveil à 3h. Tout juste le temps de s’habiller, de s’enduire de crème anti-frottement et d’avaler deux tartines que nous voilà au départ d’une course qu’on sous-estime toujours à cette heure bien matinale. Eh oui, il y a quand même 119km et 10000m de dénivelé positif à parcourir avec une quinzaine de grosses côtes.
Quelques photos, le briefing et nous voilà partis…
On n’a pas parcouru 30 mètres que ça vire à gauche et ça attaque presque droit dans la pente.On parcourra environ 1h30 à la frontale, au contact des premiers. C’était assez grisant de courir avec Antoine Guillon, mais la raison du plus fort n’étant que rarement la meilleure, on s’est laissé décrocher pour prendre notre rythme dès la deuxième ascension.
5h30 du matin, on peut éteindre les frontales, sortir les bâtons et enlever la veste car la température est déjà bien agréable. A partir du 14ème kilomètre, on prend vraiment notre rythme, celui qu’on tiendra au moins jusqu’au 46ème km. Entre temps, trois ascensions se seront succédées.
Aux Contamines, je sens déjà que j’ai des bornes et surtout du dénivelé dans les jambes (un peu plus de 4000m+ à ce moment là). On prend le temps de bien se ravitailler à chaque ravitaillement et on repart tranquillement en marchant afin de ne pas brusquer la digestion. Au 48ème, c’est la fameuse montée du Mont Fuji, du Tatsiki, de la montagne à Sushi… bref, ça va grimper ! (référence à Stéphane) 1500m de dénivelé positif en 5km. Je commence à avoir un coup de barre, le sommeil me rattrape (décidément, c’est un paramètre que je ne sais pas encore gérer en ultra). Une micro sieste de 5’ allongé dans l’herbe juste avant la pluie sera salvatrice. On continue la montée… mais là c’est Stéphane qui n’est pas au mieux. On s’attend, se parle et nous aidons à passer nos coups de « moins bien » respectifs. On bascule au sommet du Mont Joly sous un ciel menaçant. On aura tout juste le temps de descendre (une bonne heure tout de même) que l’orage éclatera à notre arrivée à la Base-vie de l’Etape. 60km parcourus, un peu plus de 6000m+ et 11 heures de course !! On n’est pas rendus (comme on dit par chez nous).
C’est dans ces moments là qu’il faut veiller à bien se ravitailler, à prendre soin de son corps mais sans en faire trop car sinon, on s’éternise, on prête attention aux petits bobos et l’abandon devient une solution de facilité. D’autant plus que les conditions météo sont vraiment exécrables avec un orage de grêle impressionnant.
Côté infirmerie, j’ai quelques irritations mal placées (bas du dos, entrejambes), mais surtout les pieds qui macèrent dans les chaussures depuis le départ. Donc changement de chaussettes et enduction de crème. A peine repartis que l’eau ruisselant dans les sentes nous menant à Notre Dame de la Gorge a déjà eu raison de mes nouvelles chaussettes. Tant pis, on finira comme ça !
On est sur le parcours de l’UTMB, mais l’organisateur nous a prévu quelques petites variantes plutôt costaud. Le chemin qui mène à la Balme est souvent ennuyeux mais là, on n’a pas eu le temps de regarder le paysage ! Deux r"aidards" s’enchaînent coup sur coup. Moi qui avait un petit coup de fatigue, ça m’a presque réveillé.
L’averse se calme, on arrive au ravitaillement de la Balme (tenu par des bénévoles plutôt charmantes… encore une excuse pour abandonner !), on fait le plein (avec des noix de cajou hyper calorigènes !!), on discute quelques minutes et on repart vers les lacs Jovet. C’est vrai que ça en valait le détour. La fatigue a du mal à passer. Stéphane voudrait courir mais à ce moment là je ne peux pas. Si, ça revient dans la descente...
On remonte ensuite vers le col de Cicle. Là, c’est moi qui mène le train et Stéphane qui accuse un peu le coup. Cette alternance de moments de forme et de méforme durera jusqu’au 89ème kilomètre. Justement, on y arrive juste avant la nuit. On apprend que l’organisation déplore déjà plus de 120 abandons et que beaucoup d’autres coureurs ont été orientés vers le parcours de 95km. Dans le restaurant d’altitude du Signal, on aperçoit François Lachaux sur un lit (il est arrivé avec 34° de température corporelle !). Après une soupe, quelques pâtes et des bananes, on se remet en route, frigorifiés dans nos vêtements trempés pour attaquer cette deuxième nuit et boucler cette course de guerriers !
On mettra un bon quart d’heure à se réchauffer. La montée vers l’aiguille Croche débute par des chemins pentus et des talus à grimper. La vision de nuit à la lumière de la frontale fatigue mes yeux et augmente la sensation de sommeil que je tente de repousser depuis plusieurs heures. Bientôt, ça deviendra insupportable. Le passage au sommet a beau avoir été annulé, j’aurai beaucoup de mal à rejoindre le prochain poste de ravitaillement. Stéphane, lui, est en forme. Je pense qu’il tient mieux que moi face au sommeil. Il m’attend pendant 15’, le temps que je ferme les yeux, en espérant que ce soit aussi salvateur que ce matin. Effectivement, en repartant, ça va mieux, mais ça ne durera pas. Mes bâtons me servent à me maintenir debout et je lutte pour garder les yeux ouverts. Heureusement, un pointage n’est pas très loin et je pourrai m’y reposer plus longuement.
A partir de là, je dis à Stéph de continuer sa route seul. J’ai besoin de me reposer et ne sait quand je pourrai repartir. Dommage pour l’arrivée main dans la main mais sur le coup là, ça n’était pas jouable.
2h30 de sieste entrecoupée de tentatives de réveil me seront nécessaires pour me remettre à peu près sur pieds. Les bénévoles qui sont vraiment à notre écoute me proposent de repartir avec un groupe de 3 coureurs qui arrivent au pointage. Je repars donc vers 3h30. C’est ainsi que je terminerai ma course avec Matthias, Philippe et Hubert. Heureusement qu’ils étaient là… On finira en mode rando en profitant bien des paysages magnifiques qui s’offrent à nous avec ce lever de soleil sur le massif du Mont Blanc et le Mont Joly sur notre droite.
Stéphane passe la ligne d’arrivée en 24h50, nous arrivons en 27h (la différence correspond exactement au temps de ma sieste) et Jean-Luc Trocmé réalisera une très belle course en 30h sur la variante du 95km.
Cette aventure se solde donc par une belle conclusion. Très satisfait de ma course dans l’ensemble, il faut juste que j’apprenne à gérer les nuits…
Il est 7h30 du matin, il est temps d’aller travailler…euh, d’aller se coucher.
Physiquement, je ne suis pas trop marqué. Je n’ai que peu de courbatures (faut dire qu’on a essentiellement marché), mais j’ai besoin de me reposer et de soigner mes pieds.
Cette course a été une excellente préparation pour la Petite Trotte à Léon, ça représentait à peu près la moitié de ce qui nous attend fin août ! Les deux mois qui nous attendent vont donc être consacrés à la préparation pour cet objectif. Il va falloir préparer et optimiser le matériel, réfléchir à la stratégie de course et manger du dénivelé négatif…
Samedi à 4 h du matin, on s'embarquera pour 115km dans le massif du Val Joly (un des versants du massif du Mont Blanc) avec 10 000m de dénivelé positif au programme.
La météo s'annonce moche, les montées raides, les descentes abruptes, les parties plates inexistantes et les bâtons...utiles ! Un vrai défi de Samouraï
10 000m de D+, je n'ai encore jamais fait. Mon maxi c'était sur l'UTMB 2006 avec 8600m (ben oui, parce que les autres éditions je ne les ai pas bouclées). Mais là, c'est 10 000m pour SEULEMENT 115km. Ce qui en fait une course quasi aussi dure que l'UTMB, voire plus dure
Le Team TrailDesRoches.com sera présent avec Stéphane "Casseur-Schlitteur" Brogniart et l'inusable Aldo "Big Boss" Callsen.
Après un petit mois d’absence, voici quelques news à mon sujet...
Après Gérardmer, la récupération a été assez difficile. Au bout de 10 jours, les courbatures revenaient rapidement après une séance un peu « appuyée ». Etant donné que j’enchaînais sur le Trail Faverges Odlo le 14 juin, la période de régénération et affûtage était primordiale. J’ai donc fait essentiellement des footings, un peu de rando, du roller, une séance de VMA courte (12*15”/15”) et une sortie longue (sur le parcours du Drayes du vercors où j’accompagnais Julien ; env 22km pour moi, 28 pour lui).
Je me suis donc présenté au départ de cette manche du TTN (la 4ème à laquelle je participais cette année) dans un état d’esprit très relax. Je savais pertinemment que je n’aurais pas les mêmes jambes que 15 jours avant (enfin, on peut toujours espérer !!). Au départ, il y a un sacré plateau : Pasquio, Malardé, Bégaut, Pommeret, Brun, Barthès, Martin, Lachaux… Autant vous dire que c’est parti super vite. Je ne m’affole pas, les 15 premiers kilomètres nous font prendre 1500m d’altitude ! Montée au rythme sans trop se mettre dans le rouge, il va faire chaud, je bascule au sommet de la Sambuy autour de la 30-35ème place. Ravito du 20ème kil, on rejoint les concurrents du 28km, un bordel sans nom !! La montée qui suit (5km pour 700m D+) se fait sur un chemin très accidenté (genre pierrier, mais de la largeur d’une voiture). Le problème c’est qu’on est vraiment dans la masse des coureurs et je dois me résilier à marcher. La chaleur est déjà là et ça n’est pas pour m’avantager, du coup je bois énormément (env. 5 litres sur la course). S’en suit une descente sur un singletrack très sympa, mais là encore, ça bouchonne (quoi que, un peu moins). La bifurcation entre les deux parcours laisse place à un mur où les cuisses souffrent un peu. Je reprends un gars à mi-montée, on se relaye pour relancer jusqu’au sommet. Je n’ai toujours aucune idée de mon classement depuis le départ et surtout depuis la cohue. Je me suis donc mis dans l’état d’esprit d’une sortie longue, càd jamais dans le rouge, on se force à être efficace sur les appuis et la foulée et surtout se faire plaisir… Il reste 8km de descente, ça n’est pas mon point fort, mais il va falloir libérer un peu les jambes si je veux rester au contact de mon collègue. C’est hyper glissant, des relances, de la pente, des devers. Sur les 3-4 derniers kilomètres, on retrouve le petit parcours, ça permet de relancer un peu plus fort. Je finis assez frais en 4h47 pour 42km et 2700m D+. Un très beau parcours, j’ai pris mon pied en regardant (rapidement) le panorama et les vues imprenables sur le lac d’Annecy et le Mont Blanc. Finalement, je finis à la 29ème place, presque surpris de ce classement.
Actuellement, je suis 10ème au challenge national FFA. C’est assez sympa de voir son nom devant celui de Breuil ou Pommeret. Initialement, je n’avais pas prévu de jouer le classement sur ma saison, mais les épreuves que j’avais choisies étaient majoritairement inscrites dans ce cadre, donc, du coup, je me prends au jeu ! Je pense participer également à Courir pour des Pommes (fin septembre, 30km) et, évidemment, aux Templiers (fin octobre, 72km).
Le mois de juin était donc assez chargé et s’annonçait délicat en terme de récupération, mais c’était sans compter sur deux loustics qui m’ont un peu poussé à m’inscrire à la Montagn’Hard !! Les deux loustics en question, c’est Aldo et Stéph. Moi, j’avais vu moins gros, avec seulement la Moins’Hard.
Je vais donc enquiller un Ultra de 115km pour 10 000m D+… Easy !! La bonne nouvelle, c’est que je le fais avec des potes, la mauvaise c’est que le pote en question c’est Stéphane Brogniart ! Il m’a promis qu’on ferait la course ensemble, sans prétentions au niveau du classement. Reste à voir s’il tiendra promesse !...
Vendredi 19 juin : Seulement 5 jours après Faverges, j’étais au départ du Thou Night Trail dans les Monts d’Or. C’est un peu le rendez-vous de tous les énervés Lyonnais ! Viala, Lantuejoul, Vinot, Fleureton, Racinet, Bussière… 12km de trail pour 700m D+ et le tout, à la frontale !
Départ à 21h30, ça part à bloc pendant 1,2km. La fatigue de la semaine et mon hygiènede vie ne m’ont pas mis dans les meilleures dispositions, mais je tiens le rythme pendant un quart d'heure. Les Monts d’Or c’est du technique et surtout, c’est Up and Down sans arrêt. La météo a été capricieuse et le terrain est bien gras. Je fais la course avec Romain Basset, on se tire la bourre du début à la fin (surtout à la fin !). Une bagarre qui a failli se terminer avec les dents sur le bitume, mais finalement, je parviens à prendre le dessus pour prendre la 8ème place en 1h03’35. Très satisfait de ma course, vu ma forme du moment. Gros point positif : les montées. Point à travailler : les descentes.
Le rendez-vous était pris de longue date avec cette épreuve. Trois ans que je ne m'étais plus aligné au départ du Trail de la Vallée des Lacs. J'avais donc fait de cette épreuve mon objectif de première partie de saison (celui de la deuxième partie étant les Templiers).
Depuis le début de la saison, les courses s'enchaînaient mais ne me permettaient pas d'exprimer pleinement mon potentiel. La faute à un manque de fraîcheur, un manque de prépa, des erreurs de gestion de course ou des erreurs d'inattention. Mais finalement, tout cela s'est produit afin que j'en tire les leçons.
J'ai procédé différemment dans les semaines précédant cette course et je crois avoir enfin trouvé une recette qui fonctionne. Je commence à me connaître mais il est toujours difficile d'attribuer une réussite ou un échec à telle ou telle façon de faire.
En résumé, ça donne ça :
7h : départ rapide, Stéph nous fait un holeshot. Je ne m'affole pas et reviens sur lui au train. Je fais la montée jusqu'à Grouvelin dérrière lui.
A partir de Grosse Pierre, on rejoint François Faivre. Sur les chemins surplombant La Bresse, ça court à 15 km/h. Je suis surpris de tenir aussi bien la cadence. Stéph n'a pas l'air dans son assiette (malgré l'allure qu'il mène).
Au Pont du Bas, on passe une nouvelle fois devant mes parents. Ca grimpe plutôt fort et j'aime bien ce genre de pourcentage. En haut de ce singletrack, je me retourne et vois que mon compère a au moins deux lacets de retard (eh oui, ça montait en S). Je sais qu'il gère sa course et ne me fais aucun doute sur le fait qu'il me rattrape d'ici peu de temps.
Passage rapide au ravito du col du Brabant. Je double deux traileurs, je vois François Faivre à 150m devant moi, il bifurque à droite au bout du chemin, mais tête baissée je me trompe de chemin. Après 300mètres de montée, je fais demi-tour. Bilan : 6-7 places perdues. Du coup, Stéphane et Julien François sont repassés devant moi. Je repars sur le bon itinéraire en maugréant sur mon erreur, mais j'ai la "niac" et repars de plus belle.
Au Lac des Corbeaux, je ne lâche rien, je reprends deux gars dans la montée (que je passerai intégralement en courant) pour rejoindre la route des Américains. Je passe à nouveau devant mes parents, mais je ne sais rien de ce qu'il se passe à l'avant...
Un peu avant le lac de Blanchemer, je retrouve François Faivre en point de mire. Je le rattraperai au lac, puis le distancerai dans la montée (bien raide) qui rejoint la route des crêtes. ça fait 3h20-30 qu'on est partis et je cours toujours. La montée se passe super bien, vraiment à l'aise. Je croise Daniel Miclo (blessé) qui m'encourage et a l'air surpris de me voir là.
Entre Firstmiss et le Hohneck, je reprends 3 traileurs (dont un que j'ai sauvé d'une erreur de parcours), et, qui vois-je dans les marches qui ménent vers le plus haut sommet des Vosges ?... Julien François (on le reconnaît de loin avec le T-shirt qu'il a piqué à Stéphane Brogniart lors de la remise des prix du TVL 07 !!! private joke). J'essaye de monter en courant, mais préfère utiliser la méthode Olmo afin de ne pas me griller. Mon père me donne quelques conseils et m'informe qu'en fait, Stéph est largement dérrière moi, il a eu une crise d'asthme qui l'a arrêté 15', mais est reparti malgré tout. Au ravito (km42), je retrouve Julien. Je repars environ 1' après lui. Je termine de me ravitailler dans la descente.
Au passage près du lac de la Lande, j'ai les crampes qui viennent. J'essaye de bien respirer et de me recentrer sur ma progression. Tout se passe bien jusqu'au passage de la dalle du col des Feignes où je me tors la cheville droite, et, deux foulées plus tard, la gauche...!! Quand on est plus dans l'instant présent, ça ne pardonne pas ! Du coup, la longue descente technique qui mène à Longemer se fait plutôt en-dedans.
En attaquant la montée du Collet de la Mine, Arnaud Grandgirard m'annonce 3' de retard sur Julien. Je suis 8ème. J'essaye de passer ce raidard en courant (ça c'est ma tendance à toujours vouloir relever des défis), mais me résoud à marcher (mm Benoit Laval a marché !). Les supporters de Julien sont en haut. A ce moment de la course, ça devient dur. Il faut relancer, sous peine d'être à l'arrêt sur ces pistes de ski de fond en faux plat montant. Je marche pas mal dans les côtes, mon but est de conserver ma place car je sais que devant, Julien a pris le large et dérrière, je devrais être en mesure de gérer le retour du 9ème.
En fait, à 500mètres du sommet du Tetras, j'aperçois le 7ème en point de mire et Julien qui doit être juste devant. J'ai beau lâcher les cuisses dans la descente, rien n'y fera. Je savoure une course rondement menée sur les 400 derniers mètres. Le bonheur n'est pas au bout du chemin, le bonheur EST le chemin !
Je réalise donc une super course (je n'ose pas l'appeler "course parfaite"). J'ai l'impression d'avoir très bien géré la situation. Stéphane m'a, finalement, bien lancé et donné le rythme à appliquer sur une telle distance. Je ne pensais pas que je tiendrais aussi longtemps à telle allure. Les 4 premières heures sont passées à une vitesse impressionnante. Je finis un peu moins vite, mais pas moins vite que les concurrents qui me précédaient.
Je termine en 5h30, à la 8ème place (58,5km pour 2700m D+). Heureux comme jamais lors d'une arrivée. Le sentiment d'une véritable récompense, une méthode qui a fait ses preuves (l'instant juste et la respiration par le nez) et pas mal de kilomètres accumulés à l'entraînement qui prennent une saveur toute différente.
Merci à tous les gens qui m'ont encouragé tout au long du parcours. Merci à mes parents de m'avoir suivi. Merci à mon mentor de m'avoir appris tellement de choses (il se reconnaîtra), et merci la VIE !