Quelques chiffres sur cette sortie en solo au goût particulier :
* Départ de Lyon à 5h57 - Retour à Lyon à 21h15 * Temps total (pauses comprises) : 9h18 * Itinéraire : Grenoble / Saint-Pierre d'Entremont (j'ai un peu raccourci mais il fallait...) * Météo : exécrable (pluie, vent, froid) --> mon grand kiff d'habitude, mais là j'ai moins apprécié * Dénivelé positif : 3000m * Kilomètres parcourus : pas encore calculé ??? une cinquantaine ?... * Phases émotionnelles traversées : questionnement, plaisir, abnégation, euphorie, manque de lucidité, faim, froid, peur, joie...
Dès le départ de Grenoble, un premier problème se pose. Pour grimper dans la Chartreuse, le plus simple est de monter à la Bastille. Le problème, c'est que ce monument (qu'il faut traverser pour accèder au reste du massif) ouvre ses portes à 9h... Je décide donc de passer par St Martin le Vinoux afin de contourner cet "obstacle". Là, on est tout de suite dans l'ambiance, après 5' de temps presque pas humide, il se met à pleuvoir (gore tex, housse de sac et protège cartes sont de sortie) et je jardine pdt 20 bonnes minutes pour trouver le sentier qui me permettra de monter au Mont Jalla.
Une fois sur le sentier balisé, ça va mieux. Mine de rien, il est déjà 9h lorsque j'atteinds ce point remarquable. On est pas rentrés ! Je décide de courir sur cette partie que je connais un peu pour l'avoir parcourue deux fois avec Johann. 9h25, je suis au col de Vence ! J'ai pas traîné, mais ça n'ira pas toujours aussi vite. Petit arrêt resserage des chaussures et j'attaque la montée du Fort St Eynard : 800m de D+. 20-25' de montée. Il pleut des trombes d'eau, je prends qq photos avec mon téléphone histoire de dire que... Histoire de dire que quoi d'ailleurs...!!! Normalement, la crête du St Eynard est un régal, on surplombe l'agglomération grenobloise et on sillonne sur un singletrack très sympa. Sauf que là, il y a plein d'herbe et de végétation, gorgés d'eau ! En l'espace de 10', je suis trempé jusqu'aux os. C'est plus la peine d'éviter les flaques d'eau ! J'atteinds le carrefour de la Charmette vers 10h45. De là, je me dirige vers l'alpage d'Emeindras. Un alpage par lequel j'étais passé en rando avec Juju, le traileur Soularien, un mois et demi auparavant. Sur ce gros chemin, j'alterne course et marche. Depuis maintenant près de 2 heures, il pleut "dru" mais je suis plutôt bien "dans mes baskets" ! En traversant qq troupeaux de ruminants, je suis dévisagé. C'est vrai qu'elles ne sont pas rassurantes les vaches de la Chartreuse avec leurs cornes bien pointues ! Qu'importe, je trace ma route. A partir d'Emeindras du Dessus, je connais le sentier jusqu'à la Dent de Crolles. A la différence près que lorsque j'avais emprunté cet itinéraire, il faisait super beau. Là, pas de risque de prendre un coup de soleil, au pire une bonne hypothermie !! Col de la Faïta puis col du Coq, je décide de faire une pause pour me ravitailler en essayant de me mettre à l'abri. Tu parles, pas un coin qui permette de se mettre à peu près au sec. Je tente de manger des noix de cajou et des noisettes, mais ça ne descend pas très bien. Le repas aura donc été sommaire. En repartant, j'ai les doigts gelés, je tente de les réchauffer un peu comme en hiver quand ça "pelle" sur le télésiège mais pas très efficace. Jusque là, ma tenue vestimentaire se compose d'un corsaire, d'un t-shirt près du corps, de manchettes, une casquette et une gore tex. J'avais opté pour ce choix car l'important n'est pas d'avoir chaud mais d'être à l'abri du vent. Seulement, je ne pensais pas que cette pluie viendrait mouiller mes vêtements à ce point. En effet, j'ai bien du mal à me réchauffer, même en attaquant la montée de la Dent de Crolles sur un rythme de bûcheron !! A chaque fontaine que je croise (comme au col des Ayes), j'utilise mon gobelet pliable pour m'éviter de remplir ma poche à eau à chaque fois. Dans cette ascencion, c'est conditions haute montagne, j'ai fermé toutes les écoutilles, j'ai un champ de vision d'1 m² devant moi et je suis les balisages qui marquent le GR sans me poser de questions. La température a bien chuté avec ce vent à décorner les boeufs et je pense qu'en température ressentie, on doit être pas loin de 0... D'ailleurs, c'est limite pluie-neige. J'ai bien fait de ne pas passer par le sommet de la Dent de Crolles (pas de l'Oeille) et de suivre ce GR, du moins, c'est ce que je me dis sur le moment. Petit arrêt vérification de carte et là je me rends compte que mon sur-sac s'est envolé (certes, il était un peu grand pour le sac que j'utilisais) et ça ne m'arrange pas car mes fringues de rechange risquent d'être trempées pour la nuit.... la galère commence ! Revenons à mon GR, depuis cet arrêt "carte", il se fait plus technique, voire plus engagé (en balcon). Il faut aussi préciser que la visibilité est d'environ 10 métres et qu'à ma gauche, y a du gaz ! Donc, mieux vaut être prudent parce que je ne sais pas qui est ce qui viendrait à mon secours s'il m'arrivait quoi que ce soit (j'ai croisé trois personnes au dessus de Grenoble ce matin, mais dps...personne, même pas dans les villages !) et évidemment le téléphone ne capte pas à cet endroit. Je continue ma route en alternant toujours marche et course afin de me réchauffer. Les bâtons sont utiles sur les passages caillouteux bien glissants. Puis, le sentier prend de la hauteur, je passe devant une grotte ou un groupe de randonneurs a établi un campement (ils ne sont pas fous, eux). Ca grimpe donc et arrivent qq passages genre "via ferrata". Au début, ça n'est pas très impressionant, juste très glissant, mais au fur et à mesure, ça devient chaud, voire même tendu !
Je passe à travers la Cheminée du Paradis (pas bien large ce passage) puis arrive un passage à "escalader", style paroi à peine verticale de 3m de haut ,au pied d'un surplomb. Je pose un pied, puis deux, et au troisième... c'est le drame, je glisse et tout mon corps descend sur ce rocher glissant. Je tente de me raccrocher, mais les choses se passent en une fraction de seconde. Heureusement, je retombe sur le petit palier qui devance ce "pas", juste avant... le vide ! Avec le brouillard, je ne saurais pas dire s'il y avait 20m ou 100, mais en tous cas, ça m'a calmé. Je repars donc prudemment et encore plus refroidi qu'avant. Je commence à ne plus être dans mon assiette. Dans la descente vers la cabane de Bellefond, je me reprend un gadin, moins grave cette fois, mais encore une occasion ratée de se blesser inutilement !! Je crois que le froid et la faim me font passer un sale quart d'heure, pas très lucide l'ancien ! Sur les 500 derniers mètres qui ménent à cette fameuse cabane, je dois traverser un champ avec des herbes d'au moins un mètre de haut et... gorgées d'eau. J'aurais traversé un torrent que je n'aurais pas été moins mouillé... Je suis gelé, mais me rassure en me disant que je vais pouvoir m'abriter d'ici peu. Faux espoir, la cabane est fermée, rien pour s'abriter (même pas un avant toît), il ne faut donc pas traîner ici. J'attaque la montée vers le Col de Bellefond tambour battant et "dré dans l'pentu", je fais donc fis des lacets et emprunte le pierrier qui descend du col. Je gagne du temps mais pas évident de grimper un tel pourcentage de pente sur des cailloux qui roulent. Au col, ça ne va vraiment plus, je tremble, je n'arrive pas vraiment à m'alimenter, il pleut, on ne voit rien, je suis au milieu de nulle part. Mais il ne faut pas traîner ici, on réfléchira en route. Encore un gadin dans la descente, histoire de me confirmer que je ne suis pas présent à ce que je fais. Malgré tout, je suis dans un endroit quasi paradisiaque (enfin, selon mes critères et en temps normal). Je vais devoir traverser le vallon de l'Aulp du Seuil, une réserve biologique sous les Lances de Malissard. C'est magnifique (cf photo).
J'ai même le droit à une visibilité de 50 métres ! Je m'arrête pour remettre des vêtements : veste sans manche polaire, bonnet, buff, gants et j'en profite pour regarder la carte, histoire de voir où est ce que je pourrais éventuellement shunter. Ah ça y est je craque, honte à moi, quelle mauviette... Sur le coup, je vous l'accorde, j'oublie un peu les principes que je mets d'habitude en avant. Disons que la situation l'exige. La carte de la Chartreuse Sud peut être rangée dans le sac, elle ne me sera plus utile (je l'ai traversée de bas en haut et en diagonale). Je déplie donc la carte de la Chartreuse Nord et rapidement, je me dis qu'un arrêt à St Pierre d'Entremont serait envisageable, je pourrais prendre une navette pour Chambéry ou faire du stop et prendre le dernier train pour Lyon et... dormir dans mon lit plutôt qu'à la belle étoile sous la pluie ! Ca, il ne fallait pas se le mettre à l'esprit :-D Je continue ma route car ce vallon est assez long et je verrai bien plus tard en fonction de mon état physique et du temps que je mettrai pour rejoindre le prochain carrefour stratégique (la stratégie c'est, soit tu continues vers le Mont Granier, soit tu bifurques et tu rentres chez toi). Le paysage est vraiment très sympa, je sympathise avec quelques vaches et rejoins bientôt une partie plus boisée. Je ne suis toujours pas au top physiquement et la décision d'écourter commence à prendre le dessus sur le fait de continuer (le mental qui lâche...). J'arrive au chalet de l'Alpettaz vers 15h45. Le ciel commence à se dégager légérement, mais c'est trop tard, ma décision est prise, je descend sur St Pierre d'Entremont. Je mettrai tout de même une bonne heure et demie pour descendre (enfin je crois). En bas, il fait grand beau, c'est à se demander si je ne suis pas dans une autre dimension ! A l'office du tourisme, on m'annonce que le samedi, les navettes ne fonctionnent que jusqu'à 15h30 alors qu'en semaine elles tournent jusque 19h30 ! Râté pour la navette, il me reste la solution de faire du stop. Je commence donc à avancer sur la route de Chambéry en faisant du pouce. En plusieurs étapes, j'arriverai à me faire raccompagner jusqu'à la gare de Montmélian qui est juste avant Chambéry sur la ligne qui mène à Lyon. Il est 18h20, fin de l'aventure. Il me reste 1h30 pour me changer, manger ce qu'il me reste et prendre un billet de train. A 22h30, je suis dans mon lit... Quel petit joueur !!
Malgré tout, c'était une journée épique, à rééditer... mais par une météo plus clémente, et cette fois-ci je ferai la traversée en une traite ;-)
Mercredi soir : je rentre d'un footing un peu crevant à cause de la chaleur, puis après le repas, une idée saugrenue me vient en tête... Tiens, et si je me tentais la fameuse traversée de la Chartreuse que j'ai envie de faire depuis longtemps !
C'est vrai, depuis plusieurs années et surtout depuis que je suis à Lyon, cette idée me trotte dans la tête ; et je ne trouve jamais de partenaire disponible.
Du coup, je me dis que je pourrais le faire en solo, en partant un peu à l'arrache...
Fait est dit, jeudi soir, la décision est prise, je ferai cette liaison Grenoble Chambéry par le massif de la Chartreuse. Une belle balade d'environ 75 km pour 3500m D+ en suivant le GR9 puis le GR 96. Bon, c'est sûr, vu comme ça, les chiffres ne sont pas très impressionnants. Mais rassurez vous, je vais épicer un peu tout ça...!!
En effet, le but est de faire cet itinéraire à la journée, en solo, en autonomie, sous une météo qui s'annonce pluvieuse (là on commence à être dans le domaine du défi), en partant à 8h de la gare de Grenoble (il n'y a pas de train qui arrive plus tôt de Lyon), et en tentant d'attraper le dernier train qui part de Chambéry pour Lyon à 20h !! Pour le dernier critère, je suis moins optimiste car 11h30 pour 75km (voire +) avec plusieurs ascencions de sommets (ben oui, je ne vais pas passer par les balcons non plus !), ça relève de la compétition... Et compte tenu de ma forme actuelle, je pars plutôt dans l'optique d'une belle rando-course avec un peu d'orientation.
Donc, je risque de dormir à la belle étoile au dessus de Chambéry le samedi soir, pour prendre un train de bonne heure le dimanche.
Le sac est prêt, les cartes sont achetées (je peaufine l'itinéraire), le bonhomme est motivé, y a plus qu'à...
J'espère juste que la pluie ne sera pas continue, sinon ça risque d'être brumeux et humide dans les chaussures...
Cette petite expé, organisée on ne peut plus à l'arrache, sera, j'en suis sûr, une très bonne préparation pour la PTL.
Sacré morceau que cet ultra trail sur lequel on s’est pointés un peu la fleur au fusil… En effet, un mois et demi avant, Aldo nous lance : « Je ferais bien la Montagn’Hard, ça a l’air sympa et ce sera une bonne préparation pour la Petite Trotte à Léon ». Au début, j’étais moyennement chaud car je trouvais que ça faisait beaucoup après Gérardmer et Faverges. Finalement, je ne regrette vraiment pas. On a passé un super week end, on a bien ri, bien marché, un peu couru, pas beaucoup dormi (quoi que…) et bu quelques bières (pour la récupération, mais on avait anticipé pour être sûrs !).
Monté depuis Lyon avec Jujutrail, le steprunner Soularien, on débarque à la terrasse de l’hôtel où les trois lascards (Aldo, Jean Luc et Stéphane) sont déjà à l’apéro. La fine équipe était donc au complet et le festival de conneries était lancé ! Julien n’a pas été déçu du voyage !
Au lit à 21h15 pour un réveil à 3h. Tout juste le temps de s’habiller, de s’enduire de crème anti-frottement et d’avaler deux tartines que nous voilà au départ d’une course qu’on sous-estime toujours à cette heure bien matinale. Eh oui, il y a quand même 119km et 10000m de dénivelé positif à parcourir avec une quinzaine de grosses côtes.
Quelques photos, le briefing et nous voilà partis…
On n’a pas parcouru 30 mètres que ça vire à gauche et ça attaque presque droit dans la pente.On parcourra environ 1h30 à la frontale, au contact des premiers. C’était assez grisant de courir avec Antoine Guillon, mais la raison du plus fort n’étant que rarement la meilleure, on s’est laissé décrocher pour prendre notre rythme dès la deuxième ascension.
5h30 du matin, on peut éteindre les frontales, sortir les bâtons et enlever la veste car la température est déjà bien agréable. A partir du 14ème kilomètre, on prend vraiment notre rythme, celui qu’on tiendra au moins jusqu’au 46ème km. Entre temps, trois ascensions se seront succédées.
Aux Contamines, je sens déjà que j’ai des bornes et surtout du dénivelé dans les jambes (un peu plus de 4000m+ à ce moment là). On prend le temps de bien se ravitailler à chaque ravitaillement et on repart tranquillement en marchant afin de ne pas brusquer la digestion. Au 48ème, c’est la fameuse montée du Mont Fuji, du Tatsiki, de la montagne à Sushi… bref, ça va grimper ! (référence à Stéphane) 1500m de dénivelé positif en 5km. Je commence à avoir un coup de barre, le sommeil me rattrape (décidément, c’est un paramètre que je ne sais pas encore gérer en ultra). Une micro sieste de 5’ allongé dans l’herbe juste avant la pluie sera salvatrice. On continue la montée… mais là c’est Stéphane qui n’est pas au mieux. On s’attend, se parle et nous aidons à passer nos coups de « moins bien » respectifs. On bascule au sommet du Mont Joly sous un ciel menaçant. On aura tout juste le temps de descendre (une bonne heure tout de même) que l’orage éclatera à notre arrivée à la Base-vie de l’Etape. 60km parcourus, un peu plus de 6000m+ et 11 heures de course !! On n’est pas rendus (comme on dit par chez nous).
C’est dans ces moments là qu’il faut veiller à bien se ravitailler, à prendre soin de son corps mais sans en faire trop car sinon, on s’éternise, on prête attention aux petits bobos et l’abandon devient une solution de facilité. D’autant plus que les conditions météo sont vraiment exécrables avec un orage de grêle impressionnant.
Côté infirmerie, j’ai quelques irritations mal placées (bas du dos, entrejambes), mais surtout les pieds qui macèrent dans les chaussures depuis le départ. Donc changement de chaussettes et enduction de crème. A peine repartis que l’eau ruisselant dans les sentes nous menant à Notre Dame de la Gorge a déjà eu raison de mes nouvelles chaussettes. Tant pis, on finira comme ça !
On est sur le parcours de l’UTMB, mais l’organisateur nous a prévu quelques petites variantes plutôt costaud. Le chemin qui mène à la Balme est souvent ennuyeux mais là, on n’a pas eu le temps de regarder le paysage ! Deux r"aidards" s’enchaînent coup sur coup. Moi qui avait un petit coup de fatigue, ça m’a presque réveillé.
L’averse se calme, on arrive au ravitaillement de la Balme (tenu par des bénévoles plutôt charmantes… encore une excuse pour abandonner !), on fait le plein (avec des noix de cajou hyper calorigènes !!), on discute quelques minutes et on repart vers les lacs Jovet. C’est vrai que ça en valait le détour. La fatigue a du mal à passer. Stéphane voudrait courir mais à ce moment là je ne peux pas. Si, ça revient dans la descente...
On remonte ensuite vers le col de Cicle. Là, c’est moi qui mène le train et Stéphane qui accuse un peu le coup. Cette alternance de moments de forme et de méforme durera jusqu’au 89ème kilomètre. Justement, on y arrive juste avant la nuit. On apprend que l’organisation déplore déjà plus de 120 abandons et que beaucoup d’autres coureurs ont été orientés vers le parcours de 95km. Dans le restaurant d’altitude du Signal, on aperçoit François Lachaux sur un lit (il est arrivé avec 34° de température corporelle !). Après une soupe, quelques pâtes et des bananes, on se remet en route, frigorifiés dans nos vêtements trempés pour attaquer cette deuxième nuit et boucler cette course de guerriers !
On mettra un bon quart d’heure à se réchauffer. La montée vers l’aiguille Croche débute par des chemins pentus et des talus à grimper. La vision de nuit à la lumière de la frontale fatigue mes yeux et augmente la sensation de sommeil que je tente de repousser depuis plusieurs heures. Bientôt, ça deviendra insupportable. Le passage au sommet a beau avoir été annulé, j’aurai beaucoup de mal à rejoindre le prochain poste de ravitaillement. Stéphane, lui, est en forme. Je pense qu’il tient mieux que moi face au sommeil. Il m’attend pendant 15’, le temps que je ferme les yeux, en espérant que ce soit aussi salvateur que ce matin. Effectivement, en repartant, ça va mieux, mais ça ne durera pas. Mes bâtons me servent à me maintenir debout et je lutte pour garder les yeux ouverts. Heureusement, un pointage n’est pas très loin et je pourrai m’y reposer plus longuement.
A partir de là, je dis à Stéph de continuer sa route seul. J’ai besoin de me reposer et ne sait quand je pourrai repartir. Dommage pour l’arrivée main dans la main mais sur le coup là, ça n’était pas jouable.
2h30 de sieste entrecoupée de tentatives de réveil me seront nécessaires pour me remettre à peu près sur pieds. Les bénévoles qui sont vraiment à notre écoute me proposent de repartir avec un groupe de 3 coureurs qui arrivent au pointage. Je repars donc vers 3h30. C’est ainsi que je terminerai ma course avec Matthias, Philippe et Hubert. Heureusement qu’ils étaient là… On finira en mode rando en profitant bien des paysages magnifiques qui s’offrent à nous avec ce lever de soleil sur le massif du Mont Blanc et le Mont Joly sur notre droite.
Stéphane passe la ligne d’arrivée en 24h50, nous arrivons en 27h (la différence correspond exactement au temps de ma sieste) et Jean-Luc Trocmé réalisera une très belle course en 30h sur la variante du 95km.
Cette aventure se solde donc par une belle conclusion. Très satisfait de ma course dans l’ensemble, il faut juste que j’apprenne à gérer les nuits…
Il est 7h30 du matin, il est temps d’aller travailler…euh, d’aller se coucher.
Physiquement, je ne suis pas trop marqué. Je n’ai que peu de courbatures (faut dire qu’on a essentiellement marché), mais j’ai besoin de me reposer et de soigner mes pieds.
Cette course a été une excellente préparation pour la Petite Trotte à Léon, ça représentait à peu près la moitié de ce qui nous attend fin août ! Les deux mois qui nous attendent vont donc être consacrés à la préparation pour cet objectif. Il va falloir préparer et optimiser le matériel, réfléchir à la stratégie de course et manger du dénivelé négatif…
Samedi à 4 h du matin, on s'embarquera pour 115km dans le massif du Val Joly (un des versants du massif du Mont Blanc) avec 10 000m de dénivelé positif au programme.
La météo s'annonce moche, les montées raides, les descentes abruptes, les parties plates inexistantes et les bâtons...utiles ! Un vrai défi de Samouraï
10 000m de D+, je n'ai encore jamais fait. Mon maxi c'était sur l'UTMB 2006 avec 8600m (ben oui, parce que les autres éditions je ne les ai pas bouclées). Mais là, c'est 10 000m pour SEULEMENT 115km. Ce qui en fait une course quasi aussi dure que l'UTMB, voire plus dure
Le Team TrailDesRoches.com sera présent avec Stéphane "Casseur-Schlitteur" Brogniart et l'inusable Aldo "Big Boss" Callsen.
Après un petit mois d’absence, voici quelques news à mon sujet...
Après Gérardmer, la récupération a été assez difficile. Au bout de 10 jours, les courbatures revenaient rapidement après une séance un peu « appuyée ». Etant donné que j’enchaînais sur le Trail Faverges Odlo le 14 juin, la période de régénération et affûtage était primordiale. J’ai donc fait essentiellement des footings, un peu de rando, du roller, une séance de VMA courte (12*15”/15”) et une sortie longue (sur le parcours du Drayes du vercors où j’accompagnais Julien ; env 22km pour moi, 28 pour lui).
Je me suis donc présenté au départ de cette manche du TTN (la 4ème à laquelle je participais cette année) dans un état d’esprit très relax. Je savais pertinemment que je n’aurais pas les mêmes jambes que 15 jours avant (enfin, on peut toujours espérer !!). Au départ, il y a un sacré plateau : Pasquio, Malardé, Bégaut, Pommeret, Brun, Barthès, Martin, Lachaux… Autant vous dire que c’est parti super vite. Je ne m’affole pas, les 15 premiers kilomètres nous font prendre 1500m d’altitude ! Montée au rythme sans trop se mettre dans le rouge, il va faire chaud, je bascule au sommet de la Sambuy autour de la 30-35ème place. Ravito du 20ème kil, on rejoint les concurrents du 28km, un bordel sans nom !! La montée qui suit (5km pour 700m D+) se fait sur un chemin très accidenté (genre pierrier, mais de la largeur d’une voiture). Le problème c’est qu’on est vraiment dans la masse des coureurs et je dois me résilier à marcher. La chaleur est déjà là et ça n’est pas pour m’avantager, du coup je bois énormément (env. 5 litres sur la course). S’en suit une descente sur un singletrack très sympa, mais là encore, ça bouchonne (quoi que, un peu moins). La bifurcation entre les deux parcours laisse place à un mur où les cuisses souffrent un peu. Je reprends un gars à mi-montée, on se relaye pour relancer jusqu’au sommet. Je n’ai toujours aucune idée de mon classement depuis le départ et surtout depuis la cohue. Je me suis donc mis dans l’état d’esprit d’une sortie longue, càd jamais dans le rouge, on se force à être efficace sur les appuis et la foulée et surtout se faire plaisir… Il reste 8km de descente, ça n’est pas mon point fort, mais il va falloir libérer un peu les jambes si je veux rester au contact de mon collègue. C’est hyper glissant, des relances, de la pente, des devers. Sur les 3-4 derniers kilomètres, on retrouve le petit parcours, ça permet de relancer un peu plus fort. Je finis assez frais en 4h47 pour 42km et 2700m D+. Un très beau parcours, j’ai pris mon pied en regardant (rapidement) le panorama et les vues imprenables sur le lac d’Annecy et le Mont Blanc. Finalement, je finis à la 29ème place, presque surpris de ce classement.
Actuellement, je suis 10ème au challenge national FFA. C’est assez sympa de voir son nom devant celui de Breuil ou Pommeret. Initialement, je n’avais pas prévu de jouer le classement sur ma saison, mais les épreuves que j’avais choisies étaient majoritairement inscrites dans ce cadre, donc, du coup, je me prends au jeu ! Je pense participer également à Courir pour des Pommes (fin septembre, 30km) et, évidemment, aux Templiers (fin octobre, 72km).
Le mois de juin était donc assez chargé et s’annonçait délicat en terme de récupération, mais c’était sans compter sur deux loustics qui m’ont un peu poussé à m’inscrire à la Montagn’Hard !! Les deux loustics en question, c’est Aldo et Stéph. Moi, j’avais vu moins gros, avec seulement la Moins’Hard.
Je vais donc enquiller un Ultra de 115km pour 10 000m D+… Easy !! La bonne nouvelle, c’est que je le fais avec des potes, la mauvaise c’est que le pote en question c’est Stéphane Brogniart ! Il m’a promis qu’on ferait la course ensemble, sans prétentions au niveau du classement. Reste à voir s’il tiendra promesse !...
Vendredi 19 juin : Seulement 5 jours après Faverges, j’étais au départ du Thou Night Trail dans les Monts d’Or. C’est un peu le rendez-vous de tous les énervés Lyonnais ! Viala, Lantuejoul, Vinot, Fleureton, Racinet, Bussière… 12km de trail pour 700m D+ et le tout, à la frontale !
Départ à 21h30, ça part à bloc pendant 1,2km. La fatigue de la semaine et mon hygiènede vie ne m’ont pas mis dans les meilleures dispositions, mais je tiens le rythme pendant un quart d'heure. Les Monts d’Or c’est du technique et surtout, c’est Up and Down sans arrêt. La météo a été capricieuse et le terrain est bien gras. Je fais la course avec Romain Basset, on se tire la bourre du début à la fin (surtout à la fin !). Une bagarre qui a failli se terminer avec les dents sur le bitume, mais finalement, je parviens à prendre le dessus pour prendre la 8ème place en 1h03’35. Très satisfait de ma course, vu ma forme du moment. Gros point positif : les montées. Point à travailler : les descentes.