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aurelien

Le Blog d'Aurélien Colin



Feb
18
2009
Péripéties de février...

Les news du mois de Février me concernant...

Ce mois de février avait commencé par une séance assez balèze (une sortie de 43bornes une semaine après le raidlight trail trophy…) et mes tendons d’achille n’avaient que moyennement apprécié ce peu de compassion et d’écoute de mon corps. Ils me l’ont donc rappelé à juste titre en me rappelant que ces tendons sont précisément mon « talon d’Achille », en fait ils sont mon signal d’alarme lorsque j’en fais trop ou que je le fais de façon déraisonnée.

La première semaine de février a été marquée par 5 jours de repos car nouvelle vie = plein de paperasse, d’adaptation nécessaire, de découverte de la ville, et d'adaptation de l'emploi du temps boulot/ entraînement.

Lundi à vendredi : repos.

Samedi 7/02 : PPG (pompes, abdos, gainage, étirements) + rando dans Lyon. J’ai pratiqué la méthode Cyrano en alternant marche et course tout en découvrant les escaliers de la Croix Rousse et de Fourvière, le parc de la Tête d’or, les berges du Rhône, la presqu’île…

Dimanche 8/02 : footing d’1h10 avec un tour du parc et qq escaliers dans croix Rousse (vers Saint Paul). Ça fait plaisir de recourir, même si courir en ville n’est pas mon terrain favori, il faudra s’y faire.

Lundi 9/02 : repos (pas le temps)

Mardi 10/02 : footing 1h10 à jeun. Bon, normalement je ne dépasse que très rarement l’heure quand je cours à jeun. A la base j’avais prévu 50’ mais je me suis un peu perdu en revenant du parc de la tête d’Or, donc autant dire que je suis rentré avec la faim au ventre !

Mercredi 11/02 : séance « fartleck » avec une vingtaine de montées d’escaliers dans le quartier de la Croix Rousse. Mes tendons n’ont pas forcément adoré…

Jeudi 12/02 : footing 1h05 en « Endurance + » avec un tour du parc au seuil. Mon premier temps de référence est de 14’53. C’est pas trop mal mais je pense que je peux encore gagner pas mal de temps car je l’ai fait à 95% et ça n’était que la troisième fois que je le faisais. Cela dit, ça n’est pas vraiment le type d’effort que j’affectionne le plus. Le dénivelé me manque…

Vendredi 13/02 : repos car voyage retour dans les Vosges

Samedi 14/02 : repos

Dimanche 15/02 : comment dire ??... à la base je devais participer à la Trace Vosgienne en ski de fond, mais je crois que ça n’était vraiment pas mon jour… Mes tendons étant devenus presque douloureux ces derniers jours, j’ai préféré strapper… mais j’ai strappé en mode gigot d’agneau, càd que mon strapping était mal fait car trop serré et douloureux. Deuxième point, je n’avais plus touché les skis de fond depuis 2 semaines et demi (donc une technique déplorable). Troisième point, une température de -15° au départ, donc autant dire que la glisse s’est résumé à de la peau de phoque à l’envers et ça n’a pas du tout arrangé ma technique ! et enfin, le bordel du départ… Pourtant on avait plutôt bien géré les premiers 400m avec Serge mais une fois dans le « paquet » c’était une véritable galère. Je buttais sans cesse sur mes appuis, on skiait sur les bâtons des autres, on skiait sur les miens… et impossible d’écarter un peu les skis pour glisser. Et pour couronner le tout, une méforme que je n’avais pas connu depuis au moins un an ; pas de jambes, envie de vomir, et surtout pas l’envie et pas de plaisir. Donc au bout de 40’, j’ai mis le clignotant et je suis revenu vers le départ. Là j’ai viré mes straps (allez 20€ à la poubelle) et je suis allé à la rencontre de Serge sur les hauts de la Bresse. Et là je me suis fait plaisir en skiant seul sur des pistes vierges mais damées nickel, par un soleil radieux (mais froid) et dans un paysage sublime.

Comme quoi, il faut vraiment s’écouter, et quand, au lever, on a pas envie d’y aller, c’est qu’il y a une raison. C’est pas grave, ça forge le caractère et je reviendrai l’an prochain pour ma revanche en étant mieux préparé.

Lundi 16/02 : repos

Mardi 17/02 : 45’ de PPG (pompes, abdos, gainage, portefeuille, nageur, abdos croisés, dorsaux)

Mercredi 18/02 : 1500m de natation (ça doit faire 9 mois que je n’avais pas nagé) mais sensations agréables. J’ai alterné crawl et brasse afin de ne pas me démonter les épaules.

Jeudi 19/02 : 1h de marche active dans Lyon

Vendredi 20/02 : déménagement… vous allez me dire que c’était du repos alors… je vous répondrai que quand on fait plus de 200m de D+ avec 10 ou 20 kilos à porter, c’est du bon renforcement musculaire ! Eh oui, j’ai choisi un appart au 6ème étage sans ascenceur !

Samedi 21/02 : repos

Dimanche 22/02 : 1h de footing au parc de la feyssine. Essai de mes nouvelles chaussures de trail : les nouvelles Brooks Cascadia. Elles sont vraiment bien. Très bonne stabilité, bon amorti, assez dynamiques, super accroche. Je pense que j’ai trouvé la chaussure idéale pour mes courses de moins 50-60kms.

Lundi 23/02 : allez c’est reparti pour l’entraînement course à pied. Footing de 30’ cool (+ pompes/ abdos/ gainage, mais ça c’est presque la routine)…

Mardi 24/02 : 1h10 endurance I2 dans Fourvière. A chaque sortie, je découvre de nouveaux coins de Lyon. Cette fois-ci j'ai couru sur la colline de Fourvière, et sur la piste de VTT de La Sarra. Les sensations reviennent doucement. Je m'applique sur la respiration, avec notamment un soin tout particulier apporté au ressenti des sensations dans l'effort. C'est la période idéale pour ce type d'expérience.

Mercredi 25/02 : 2km de natation en 45'. J'alterne 5 longueurs brasse et 5 longueurs crawl afin de ne pas trop tirer sur les épaules. En effet, je n'ai pas une très bonne technique mais apparemment ça avance bien et ça travaille le physique, donc c'est le principal.

Jeudi 26/02 : 1h05 en endurance sur la colline de Croix Rousse. Début de séance assez cool et 20 dernières minutes plus appuyées.

Vendredi 27/02 : repos

Samedi 28/02 : ce samedi, je m'étais programmé la Course du Suzon, dans le village des Côtes d'Arey (38). Cette course nature de 16km pour 430m de D+ était idéale pour reprendre un certain rythme, mais je voulais gèrer mon effort, histoire de voir ce que disaient mes tendons.

Arrivé sur la ligne de départ, j'ai tout de suite compris que ma petite stratégie n'allait pas tenir longtemps ! 50m après le départ, il y avait une belle côte et je ne voulais pas être ralenti dans le peloton. Donc je suis parti dans le paquet de tête, et quand, au dessus de la bosse j'étais 6 ou 7ème, je me suis décidé à continuer sur ce rythme ! La course était très roulante au niveau du terrain mais assez cassante pour les relances (exactement le type de parcours qui ne m'avantage pas ...). Arrivé au 5ème kil j'avais l'impression d'être scotché, mais apparemment ça n'avançait pas si mal que ça. Quelques petits passages techniques m'ont permis de me remettre dans le bon rythme et de recoller un groupe de 3 coureurs aux alentours du 10ème kil. Le final s'est fait à bloc. Un peu à l'image de la course dans son ensemble !! Je finis en 1h11 pour 16km (10ème scratch et 5 en senior) à 9' de la gagne et 7' d'Alexandre Majewski qui fait 2 (déjà 2ème au RTT), bien sympa d'ailleurs.

Copyright @ Photogone.

Petite anecdote, ça faisait depuis le mois de juillet que je n'avais pas remis mon cardio. Ce matin, je m'étais dit qu'il serait intéressant de voir mes pulses en course (étant donné que je suis très loin de mon pic de forme). Et ben, je n'ai pas été déçu du voyage !!! 178 bpm/min de moyenne sur 1h11... j'ai mm réussi à faire bipper le cardio à 500m de la ligne d'arrivée. Au début je croyais que je passais sous une ligne haute tension !! mais en fait, j'étais bien à 196 pulses !! ça faisait un bail que je n'étais pas monté aussi haut.

La marge de progression est donc grande, mais je suis satisfait de cette course où j'ai pris du plaisir à me battre pour garder ma place. J'ai essayé de respirer au maximum par le nez et de travailler sur l'efficacité de ma foulée tout au long de la course mais je n'ai tenu que 20' vraiment efficacement, après c'était trop intensif pour ne respirer que par le nez; mais je reprenais les bonnes habitudes dès qu'un petit moment de récup' le permettait.

Au niveau des points positifs également à noter, mes tendons d'achille qui se sont bien comportés. Pas de douleur particulière. on verra demain matin, mais à priori, c'est en bonne voie. Hang on...

Dimanche 1/03 : 1h30 de VTT dans les Monts d'Or. départ de Collonges au Mont d'Or. ça faisait bien plaisir de remonter sur le VTT, qui prenait la poussière depuis le mois d'août. J'ai silloné les chemins autour du Mont Cintre et Mont Laroche. Etant donné que je n'avais pas de carte, je ne me suis pas aventuré trop loin, mais j'ai bcp apprécié le terrain : ça grimpe, c'est cassant, technique... impecc ! La journée s'est poursuivie par un repas bien sympathique avec Stéphane et Sylvia, de passage à Lyon sur leur route des vacances.

 
Jan
11
2009
Retour dans les Vosges et premières courses

De retour en France après mon semestre d'études en Allemagne, j'en ai ramené quelques kilos en trop et un état de forme pas au top.

Les choses sont vite rentrées dans l'ordre à partir du lundi 21 décembre où j'ai repris sérieusement sur une base de 6 sorties hebdomadaires. Au programme : des footings, de l'endurance en trail, un peu de VMA, du seuil, du skating et un peu de ski de rando et alpin pour le plaisir.

Autant dire que sur les premières sorties, je ne faisais pas le malin avec Stéphane !! mais à priori, je ne suis pas trop à la traîne. Les points que j'ai à travailler sont l'endurance longue, la vitesse et le renforcement musculaire.

Avec les conditions hivernales que l'on a cette année, la pratique du skating est idéale, en plus ça offre un travail très efficace de musculation générale et de sollicitation du coeur. Je me suis d'ailleurs décidé à participer à la Trace Vosgienne (42km) le 15 février en ski de fond, ce sera une première pour moi.

Le mois de janvier sera marqué par deux compétitions, le championnat des Vosges de cross à Taintrux et le Raidlight Trail Trophy le 25 janvier dans la Loire.

Voici le contenu de mon entraînement :

ça va venir...

 

* Quelques images du cross de Taintrux disputé le dimanche 11 janvier dans des conditions fraîches et sur un terrain difficile. Une course que j'ai abordé comme un entraînement qualitatif.

Au final, après m'être dépouillé pendant 4 tours et demi, je termine à la 27ème place (31'50 à 4' de la gagne). Le scénario de la course s'est déroulé comme je l'imaginais : la première petite boucle très rapide, au bout du premier tour j'étais asphyxié, deuxième tour à la rue, troisième sur un rythme régulier mais toujours dans le dur et enfin le retour des jambes dans le quatrième tour... C'est sûr que 30' d'effort c'est un peu court lorsqu'on est habitué à courir minimum 4 heures en course. Pourtant je m'étais échauffé pendant une bonne heure avant la course, histoire d'avoir déjà qq km dans les jambes mais rien n'y aura fait.

Je suis toutefois assez satisfait de ma course car étant donné le peu d'entrainement qualitatif que j'ai dans les jambes et les conditions dans lesquelles j'ai abordé cette course, je pense que je suis à ma place. Néanmoins, il me semble que je peux largement m'améliorer. Point à améliorer : la posture et l'alignement du corps. C'est un défaut que j'ai en temps normal mais là, avec le terrain défoncé et le fait qu'on soit constamment sur des appuis instables a accentué mon sentiment d'inefficacité dans ma foulée...

 

Raidlight Trail Trophy à Marlhes (42) le 25 janvier 2009

résumé à venir...

Une semaine de récup un peu particulière après cette première manche du challenge FFA. En principe c'est des footings, un peu d'autres sports comme VTT ou skating et puis une sortie plaisir d'1h30 le dimanche...

Bon là c'était plutôt :

Lundi : repos

Mardi : 1h05 de trail avec un peu de dénivelé + 5 lignes droites

Mercredi : 1h55 de skating avec Serge et Greg Balland sur les pistes du Poli/ Gérardmer/ La Bresse... rythme correct

Jeudi : 1h30 de skating avec Serge au Lispach... là c'était déjà plus relevé, avec notamment une grosse montée des Champis puis deux tours de la chaume (super glisse) et une bonne bourre dans la descente. Je sens que je commence à nettement m'améliorer au niveau de la technique mais il reste qq déséquilibres à corriger !!

Vendredi : repos

Samedi : à la base ça devait être un aller retour tranquille à la roche d'Anozel suite au repas arrosé de la veille, mais finalement j'avais les jambes (surcompensation de dimanche) et j'ai on est montés à la roche d'Anozel en courant tout le temps (itinéraire direct) donc montée au seuil + !! 31' pour monter depuis chez Stéph et 55' en tout pour la sortie. Impeccable.

Dimanche : on devait participer aux championnats de Lorraine de cross à Dombasle avec Stéphane afin de se tirer la bourre entre nous, mais finalement Stéphane bosse ce dimanche donc j'ai décidé de me faire plaisir. Bilan : j'ai fait le trail des roches !! Départ tout seul à la frontale de la tour de la liberté pour une sortie de 4h30. De bonnes sensations malgré une certaine fatigue. J'ai réussi à courir dans quasiment tous les coups de cul. Petit moment sympa avec mon père et le chien sur la crête de Taintrux entre la roche pierre 3 jambes et le col de Noirmont, ça n'était jamais arrivé.

Le but de cette sortie était aussi de mesurer précisément le parcours avec un GPS. Et je vous annonce que le 43km du TDR n'en fait que 41 mais que le dénivelé de 1800 m en fait 1915 positifs ! donc finalement le rapport distance/denivelé est assez costaud !!

Maintenant, place à un peu de récup forcée vu que je m'installe à Lyon et que les premiers jours seront consacrés au boulot et à la recherche d'un appart. Nouvelle ville, nouvelle vie...

 
Oct
26
2008
1er bloc hivernal : on rattaque progressivement

A la base, j'avais prévu de rattaquer l'entraînement sérieusement mais plusieurs imprévus ont fait que cela a été impossible. Le premier problème a été une douleur génante au genou droit qui aura nécessité le passage de l'ostéo et 10 jours d'arrêt afin de ne pas forcer sur cette douleur et causer des fragilités sur cette articulation très sollicitée en trail. Le deuxième facteur limitant a été l'école... Eh oui, je ne pensais pas dire ça un jour, mais les trois dernières semaines ont été très intensives et peu propices à une hygiène de vie décente. Pour illustrer mes dires, je n'ai pas pu courir une seule fois en 10 jours tellement je bossais. C'est dire si c'était intensif parce que placer une heure pour aller courir, c'est normalement assez simple, même de nuit... enfin bref.

Je vais donc essayer d'être plus studieux en cette période de partiels et allier course à pied et révisions.

Le mois de novembre aura quand même permis de participer à une course (non officielle) lors de mon dernier retour en France, le 15 novembre dernier. En effet, l'association Origines organisait le Trail de la Source, avec comme principe, un parcours en trèfle de 3 boucles autour de la ferme de Taintrux. Une boucle de 11km entre la Pierre de la Roche et la Roche Pierre Trois Jambes, une boucle sur les hauts de la Houssière avec quelques passages sur une partie du VRA et une dernière boucle autour du massif du Chastel et un passage sur le TDR. Le parcours était en orientation et par équipe de trois dont au moins un vétéran ou un féminine.

Je faisais équipe avec Aldo et Stéphane et on a "remporté" ce trail d'environ 32km pour 1200m de D+. Ci dessous quelques photos puisqu'il fallait justifier être passés aux bons endroits.

 
Oct
20
2008
Reprise de l'entraînement

Après un bon mois de coupure sportive afin de récupérer l'usage complet de mon pied (qui m'aura fait boîter pendant près de deux semaines quand même, avec les 3 premiers jours où je me tenais aux murs...), j'ai repris l'entraînement tranquillement début octobre.

Nouvelle rentrée, nouvelle destination... Pour mon dernier semestre de cours, je me suis expatrié en Allemagne afin d'y suivre des cours de Master à European Business School, près de Wiesbaden.

La région ne ressemble pas vraiment aux Vosges, mais quand on a connu Paris, on se contente de très peu ! La ville est coincée entre le Rhin (et ses rives plates propices à la VMA) et les vignes de la région du Rheingau. Et après les vignes, il y a la forêt. En fait, j'arrive à faire 400m de D+ sur environ 6km donc je ne me plains pas.

Après les premières sorties vouées au retour des sensations avec des footings à allure endurance, j'ai entamé la semaine dernière ma préparation hivernale. Objectif "Trail des Lumières" avec mon frère qui se met sérieusement au trail (même mon père suit le mouvement). un footing, une séance de 10*30/30" (qui a laissé des séquelles pdt 2 jours!), une séance d'endurance en terrain varié m'ont permis d'arriver en forme en ce samedi frisquet d'octobre.

La course s'est super bien passée pour moi, et pour mon frère aussi ! Les 31km initiaux se sont transformés en 34 après que des rubalises aient été malintentionnellement enlevées (du coup on a pas eu le ravito du 11ème kil). Le parcours est très roulant et seul deux "coups de cul" viennent agrémenter le tracé. Cela dit, on a quand mm fait 776m de D+ et la fin de parcours de nuit et davantage en sous-bois était un peu plus technique.

Au final on finit 32ème. Super perf de mon frangin qui fait une très belle course pour sa première expérience sur une distance supérieure à 20km. On a vraiment collaboré et fait une course d'équipe, constamment sur la même respiration... et ça a payé.

 

A partir de cette semaine, je rattaque en principe le véritable entraînement avec la VMA, le seuil et toutes les réjouissances habituelles. Objectif hivernal: les cross départementaux et quelques courses sur route afin de travailler la vitesse.

 
Sep
03
2008
Ultra Trail du Mont Blanc 2008

 

Le fan club avait employé les grands moyens cette année...

Vendredi 29 Août 17h30, place du triangle de l'Amitié à Chamonix.

Stéphane et moi rejoignions déjà la grille de départ afin de nous assurer un bon placement et ainsi éviter d'être coincé dans la masse des coureurs une fois le coup de sifflet donné.
Une heure sur la ligne de départ sous un soleil de plomb, au milieu de milliers de spectateurs et devant 2300 concurrents (le fait d'arriver tôt nous a permis d'être en première ligne).
Une heure à méditer, à essayer de ne pas trop réfléchir, à se préparer à affronter les pentes du Mont Blanc que nous apercevons en face de nous.
Les favoris rejoingnent la grille 15-20 minutes seulement avant le départ car leur place aux avant-postes est réservée.
18h20, la musique de Vangelis "Conquest of Paradise" est lancée en boucle afin de faire monter la pression et après 10 longues minutes, le coup de Gong annonce la libération de la meute.
Nous voilà partis pour 166 kilomètres et 9400 mètres de dénivellé positif autour du massif du Mont Blanc.

Le départ est très rapide, j'essaye de ne pas prendre un rythme trop élevé sur les larges chemins qui nous mènent aux Houches. Toutefois, je suis avec pas mal de favoris, ce qui me fait penser que je ne suis peut-être pas à ma place, mais après tout, je n'ai pas l'impression de forcer donc je reste à mon rythme.

Aux Houches, je croise une première fois mes supporters (ma famille, ils sont 8 à me suivre). Les sensations sont plutôt bonnes. On attaque ensuite le Col de Voza (8km pour 800m de D+), il passe dans l'euphorie encore sensible du départ. Toutefois, je suis déjà dans ma course et j'essaye d'avoir le rythme qui me permettra d'économiser mon énergie tout en étant le plus efficace possible. Au sommet de la Charme, j'enfile les manchettes pour la descente sur Saint Gervais. Cette descente est très pentue et nous meurtrit les cuisses d'entrée de jeu. Elle paraît longue. Finalement, j'arrive à Saint Gervais (km 21) en 109ème position, mais je sens que les jambes ne sont pas celles d'un grand jour, il va falloir faire avec et gérer cette période difficile qui s'annonce. Durant les 10 kilomètres vallonés en sous-bois qui nous mènent jusqu'aux Contamines, je ressent mon premier coup de fatigue. L'éclairage à l'aide de la lampe frontale est en effet plus fatigant pour mes yeux et cela se répercute sur mon corps. Je garde en tête le fait qu'il faut avancer à tout prix, même si cela est difficile. Le seul moyen de parvenir au bout de ce challenge est d'AVANCER. Peu avant les Contamines, les jambes reviennent et je parviens à recourir sur cette portion que j'apprécie. Je retrouve mon frère 500 mètres avant le ravitaillement, il me renseigne sur la course à l'avant et me donne quelques indications. Le temps de boire une soupe, de recharger mes bidons et je repars vers l'ascencion du col du Bonhomme en 133ème position.
Le passage de Notre Dame de la Gorge marque le début de la solitude pour les coureurs car nous nous retrouvons véritablement seuls face à nous même dans la nuit. Ce début d'ascencion sur la voie romaine est encore un peu difficile mais je maintiens le cap. Je passe au refuge de la Balme en 148ème position (j'ai encore perdu des places mais ça y est le sommeil a un peu disparu). A nouveau une soupe, du thé dans un bidon et nous entamons véritablement l'ascencion du col. Je le connais bien et sais que je peux le monter à un rythme rapide, je ne vais pas m'en priver et reprend 7 places dans la montée, puis une vingtaine dans la descente.
Je retrouve mon assistance aux Chapieux, ils sont au petits soins pour moi. J'ai déjà parcouru 50km et 2800m de D+ en 6h40 ! Je récupère mes bidons et repars en direction du col de la Seigne. Cette ascencion est pénible car elle commence par 4km de route en faux plat montant avant d'attaquer vraiment le col et se finit par un mur. Dans ce col, je sens que le sommeil n'est pas loin. Je parviens malgré tout à courir, mais mon expérience des coups de sommeil qui surviennent toujours lorsqu'il ne faut pas me pousse à m'arrêter pour dormir quelques minutes dans une tente de survie au somment du col de la Seigne.
Je pense que là, j'ai fait un mauvais choix, j'ai préféré "assurer" par précaution, mais sur 20 minutes d'arrêts je n'ai fermé l'oeil que 2' donc pas très bénéfique. Surtout que je repars refroidi et pas très lucide pour la descente.
La descente, en effet, est un chemin de croix. Je butte sur les cailloux, manque de me tordre les chevilles plusieurs fois et suit obligé de marcher sur des parties en faux plat descendant.
Les sensations reviennent tout doucement à l'approche du ravitaillement du Lac Combal. A nouveau, une soupe, quelques verres d'eau et je repars ragaillardi vers l'arête Mont Favre. Cette ascencion est assez courte mais très pentue (500m de D+ pour 3km). Je me rappelle des difficultés éprouvées l'an passée dans cette montée. Mais cette année, pas de problèmes. Je monte à un super rythme et attaque la descente de nuit. C'est important pour moi de faire cette descente de nuit car cela signifie que mon début de course n'est pas si mal que cela car je vais arriver à Courmayeur vers 6heures.
La descente n'est toutefois pas aussi évidente qu'avec le jour levant, qu'importe. Je gagne encore quelques places dans cette descente traumatisante pour les pieds et les cuisses.


Courmayeur est là. Je pointe à 6h18 en 142ème position. J'ai donc repris pas mal de places que j'avais perdues durant mon arrêt en haut du col de la Seigne. L'arrêt est court mais peu optimisé à cause d'un petit malentendu avec mon assistance. Je repars toutefois assez vite de cette base-vie car c'est un piège de rester dans cet endroit confortable où tout le monde est aux petits soins pour nous. Mon père me donne quelques indications pour la montée terrible qui s'annonce et je traverse Courmayeur au petit matin sur un rythme de marche rapide. Cette montée terrible c'est 5km d'ascencion pour 900mètres de D+ !! Il faut savoir la monter patiemment. Les paysages sont magnifiques. On attaque ensuite un sentier en balcon qui surplombe le val d'Aoste Italien. Je passe en 106ème position au refuge Bertone, et à la 109ème à Bonatti. Cependant, j'ai quelques difficultés à courir. Qu'importe, par rapport aux années précédentes, ça n'est que du plaisir (c'est vous dire si les années précédentes c'était difficile pour moi !). Il reste quelques "coups de cul" pour attaquer la descente sur Arnuva et c'est précisément en redescendant ces "coups de cul" que je glisse sur un caillou en traversant un torrent. Mon pied droit ratterri sur un pierre en forme d'arête et c'est tout mon poids qui porte sur cet appui que je prends sous la voute plantaire. Sur le moment, je sens ce choc que je considère presque comme bénin, mais je m'apercevrai plus tard qu'il n'en est rien...
Arnuva.. Tout mon staff est là pour m'encourager. Je m'arrête un peu plus que sur les autres ravitaillements afin de manger quelque chose de plus consistant et repars en 108ème position vers le Grand Col Ferret...


Il est presque 10 heures du matin et la chaleur est déjà là. Le col Ferret, c'est un ascencion à 25% de pente de moyenne, on l'appelle le Géant de l'UTMB car c'est aussi le point haut du parcours avec 2537mètres. L'ascencion est longue et laborieuse. Les cuisses sont dures, les appuis sur les bâtons d'un grand soutien ! Je bascule en 103ème position.

Mais très vite je déchante, car mon pied est très douloureux et mes cuisses sont gorgées d'acide lactique. Je fais un arrêt dans un refuge afin de prendre de l'eau car je suis à sec et la chaleur de plus en plus pesante. Cette nouvelle descente vers la Fouly est technique et difficile, sur un sentier de chèvre. D'autant plus, qu'à cet instant précis je vais être victime d'un coup de chaud qui va m'obliger à m'arrêter quelques instants car les hallucinations me reprennent en descente à cause du manque de sommeil et de cette chaleur.
J'atteinds la Fouly à petite foulée, mais que c'est dur... Malgré ma sieste, je n'ai perdu que 10 places dans cette descente.
Je réussis à trottiner quelques kilomètres sur un chemin large mais dès que la sente devient plus technique, il est très difficile pour moi de poser le pied. Ce constat va vite s'aggraver. Je décide alors de prévenir mes proches afin de les informer que je serais en retard au prochain ravitaillement et que je ferai le chemin jusqu'à eux en marchant, n'ayant d'autre alternative.
Heureusement que j'ai mes bâtons pour m'appuyer dans cette descente vers Praz de Fort. Cette fois, je ne peux même plus poser le pied à terre.
Mes proches sont là, tous autour de moi pour me réconforter et m'encourager à continuer, mais au fond de moi j'ai le sentiment que la douleur du corps ne sera pas dépassée par l'esprit. Il me reste 50km si je veux venir à bout de cet UTMB. Je suis encore à une place très satisfaisante au classement, mais le destin en a voulu autrement. Je parviens bien à marcher à 3km/h pendant 1km accompagné de mes frères et soeurs, appuyé comme un vieillard sur mes bâtons qui me servent désormais de béquilles mais la douleur est trop intense. Je ne peux plus avancer que sur un pied.

Que la déception est grande de devoir arrêter ici, aux Isserts, au pied de la montée vers Champex. Cette année, j'avais réussi à surmonter les obstacles des années précédentes, je suis encore frais au moment où je me résouds à prendre cette décision et j'ai les ressources pour finir ces 50km. Cependant, j'ai commis une erreur à un moment donné. Peut-être n'étais-je pas assez présent à mes appuis, peut-être avais-je déjà la tête trop loin sur ce parcours terriblement sélectif.
J'ai pourtant l'impression de ne pas avoir grand chose à me reprocher. J'ai bien gèré ma course... mais les grands événements sont impitoyables, qui plus est dans ce sport qui nous pousse dans des retranchements physiques et mentaux dont le commun des mortels ignore l'existence.

Au moment où je rends mon dossard, j'apprends que Stéphane, lui aussi, vient d'abandonner... Il a fait un malaise, une sorte d'hypothermie. Il semble qu'il ait dépassé les limites de son corps.

J'apprends également que c'est un jeune de 20 ans qui gagne la course avec plus d'une heure d'avance sur les prévisions. J'avoue que cette nouvelle me réjouit, elle va définitivement faire taire les mauvaises langues qui ne cessent de raconter que les jeunes de moins de 40 ans ne sont pas faits pour l'ultra...

Voilà, je vous ai à peu près tout dit. J'aurais aimé vous raconter les 50 derniers kilomètres mais c'est ainsi. Il paraît que c'est dans les grandes défaites que l'on forge les grandes victoires !
Je pense toutefois que tout le travail en amont a été très bénéfique car, au lendemain de la course, je n'étais pas détruit, un peu fatigué certes, mais pas physiquement marqué par cette course comme les années précédentes.
C'est le travail de préparation mental et de respiration sans effort qui paye et dont je ne suis qu'aux balbutiements...

 

 

 

 
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